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  Henri Barande

exposition temporaire
Meteoron  

Vues partielles de l'exposition





Henri Barande, Meteoron

in cycle rolywholyover, quatrième épisode
hagiohygiecynicism  /  du 27 février au 18 mai 2008

Je cherche en même temps l’éternel et l’éphémère. Bartlebooth in Georges Perec, « La vie mode d’emploi ».


On chercherait en vain dans l’index des catalogues d’expositions collectives le nom de Henri Barande, pas plus que les encarts publicitaires de la presse spécialisée, ceux-ci ne le mentionnent. C’est que pour cet artiste, peindre est une activité essentielle, silencieuse et recluse. Une fois produites, les peintures rejoignent les cimaises d’un vaste atelier où elles s’exhibent, à tour de rôle, pour de rares spectateurs, dans l’indifférence du monde qui les a générées.

Cette position hors du monde qui fait de lui un singulier de l’art, H. Barande la tient tout d’abord en tant que sculpteur. Les objets produits, faits d’un mélange de mie de pain et de sable passent du statut de manie à celui de sculptures, statut qu’ils gagnent peut-être par leur traitement plus tardif en bronze, mais aussi et surtout par le truchement d’un sculpteur qui les découvre en 1980 et les reconnaît comme telles. Des milliers de sculptures débutées à l’âge des terreurs enfantines et poursuivies jusqu’en 1994 ne restent aujourd’hui que de rares spécimens, préservés d’une destruction programmée. Enchâssées dans de modestes mastabas, les sculptures attendent, à l’instar de vestiges archéologiques, leur mise au jour par d’improbables inventeurs. Certaines de ces sculptures hantent de leur présence résiduelle la surface des toiles peintes comme sous l’effet d’une alchimie ou d’une transsubstantiation qui les aurait soustraites du monde physique pour celui, évanescent, des images.
Moins compulsive que la sculpture, la production des tableaux relève d’une mise à distance du réel. Paradoxalement, la technique employée s’apparente à celle des peintres hyperréalistes. L’image préexiste à son traitement pictural sous forme de dessins, photographies, tirages informatiques. Projeté sur la toile non apprêtée, le motif est peint à l’acrylique, sans esquisse préparatoire. Cette phase est déléguée à des assistants qui ne laissent sur la toile qu’une facture lisse, exempte de subjectivité, comme si l’image, autonome, s’imprimait d’elle-même sur son support.
Des figures isolées sur un fond monochrome, jouxtent des motifs all-over, générant une ligne fictive qui progresse chaque année de plusieurs mètres. De ces solitudes accolées ressort l’étrange panorama du spectacle du monde. Monde flottant, monde métaphysique, fait d’oppositions et de similitudes, qui n’exclut aucune thématique mais n’en privilégie aucune. Figures animales, sous-bois, textes agrandis jusqu’à l’extrême limite de leur visibilité, fugaces traînées lumineuses, monochromes, silhouettes arrêtées, mouvements suspendus, orient, occident, vanités, objets de peu, icônes ressassées, images pixelisées, motifs abstraits, forment une herméneutique silencieuse, où le vivant se fige et se désincarne.


Henri Barande est né en 1945 à Casablanca, il vit à Chexbres.
http://henribarande.com