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  Bernhard Johannes Blume

exposition temporaire
Die Brett-Bilder  

Bernhard Johannes Blume 1
Bernhard Johannes Blume 2

Sein / Nichts, 1986
coll. Kunsthalle Bremen

Sinn, 1986
coll. Kunsthalle Bremen
 

Bernhard Johannes Blume, Die Brett-Bilder

in cycle Des histoires sans fin, séquence printemps 2015
du 18 février 2015 au 10 mai 2015


Étroitement liée à leur espace domestique, l’œuvre du couple allemand Anna et Bernhard Johannes Blume s’élabore dans une réflexion esthétique et philosophique sur les relations entre l’art et la vie. L’aménagement de leur intérieur se fait à la fois le décor de leur quotidien et celui de leur œuvre ; tandis qu’eux-mêmes, au même titre que le mobilier qui les entoure, deviennent les acteurs d’une réalité tant concrète que conceptuelle, tant banale qu’artistique.


Des mises en scènes photographiques ou « photo-performances » que le couple a réalisées ensemble entre les années  1970 et 2000, aux « planches-tableaux » de B. J. Blume, il est question pour les artistes d’expérimenter les limites des médiums, souvent de manière ironique et loufoque.

Au sein de la tradition allemande de la photographie, Anna et Bernhard Blume se positionnent à contre-pied du courant conceptuel documentariste dominant, incarné de façon emblématique par un autre couple d’artistes allemands : Bernd et Hilla Becher. En effet, plutôt qu’un moyen d’enregistrer et de documenter des faits, les Blume conçoivent la photographie comme un instrument d’investigation psycho-sociale et philosophique parmi d’autres.

Avec ses Brett-Bilder (planches-tableaux), B. J. Blume associe une nomenclature conceptuelle à des surfaces préfabriquées issues de l’univers des choses (les meubles), et conçues parallèlement comme des reliques substantiellement empreintes d’une réalité à la fois intime et partagée par une société en pleine mutation.

Anna Blume définit ainsi la série : « Que sont les Brett-Bilder ? Ce sont des planches qu’il découpait dans des meubles anciens. Elles ont joué un rôle iconographique  dans nos mises en scène photographiques communes des années 1970 jusqu’à la moitié des années 1980. Bernhard Johannes Blume recyclait ces restes de meubles faits en panneaux d’aggloméré en objets iconographiques maniables et utilisait leur imitation de "bois véritable", chêne, hêtre ou bouleau naturel, comme "prolongations sporadiques de sa peinture". Dans le style provisoire d’une typographie naïve de sa conception, il peignait sur ces planches, à la bombe, ses "concepts quasi philosophiques" en recourant à des pochoirs autocollants auparavant découpés. Il s’agit de mots et de concepts mettant toujours en image de manière ironique, sur le pseudo-placage de ces restes de meubles, le "jargon" toujours indolent et finalement idéologique de l’authenticité. De nombreux morceaux de meubles utilisés pour les mises en scène photographiques ont ensuite été successivement "éliminés" de cette manière, les vidant par là-même de leur teneur traumatique. »

Anna Blume, « Die Brett-Bilder von Bernhard », in Bernhard Johannes Blume Die Brett-Bilder, Kunsthalle Bremen, 2012, p. 12


Bernhard Johannes Blume est né en 1937 à Dortmund ; il est décédé en 2011 à Cologne.