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  Vidya Gastaldon 

expositions temporaires
Tu es monstrueux et je t’aime beaucoup  
Biolovarama, 2001-2005  

Vidya Gastaldon 1
Vidya Gastaldon 2
Vidya Gastaldon 3
Vidya Gastaldon 4
The Eye in the Sky, 2008
laines, textiles brod és, fils
coll. FCAC

Escalator (Rainbow Rain), 2007
laines diverses, fil, baguettes de tilleul
Court. Galerie art:concept
Last supper, lost unbirthday (when we have tea we don’t fuck around), 2012

Mamita, 2010
aquarelle, gouache, acrylique, crayons de couleur
court. Guy Bärtschi, Genève

Crazy, cruel and full of love, 2011
acrylique et peinture à l’huile
court. Guy Bärtschi, Genève




Vidya Gastaldon,
Tu es monstrueux et je t’aime beaucoup

in cycle L’Éternel Détour, séquence été 2012
du 6 juin au 16 septembre 2012

Les mondes de Vidya Gastaldon s’épaississent. Depuis plusieurs années déjà, l’artiste accumulait à la surface des papiers des couches et des couches de crayons de couleurs, de craies grasses, d’encres, de gouaches, d’aquarelles et de peintures en tout genre. Il y a un peu plus d’un an, elle s’est mise à travailler à l’huile sur toile. Ce changement de médium et de support, ainsi que le passage à de grands formats, a permis de donner corps à des visions de plus en plus denses, de plus en plus matérielles. Si cette appréciation peut être entendue de manière littérale — il s’agit bien d’une substance liquoreuse, que l’artiste délaie ou condense à sa guise — il est également question du sujet même de la peinture de Vidya Gastaldon, sujet qui devient ici « matérialiste ».


Vidya Gastaldon développe depuis une dizaine d’années une pratique que l’on pourrait qualifier de néo-symboliste. Au travers de sculptures et d’installations en tissu, de films d’animation et, surtout, de dessins et aujourd’hui de peintures, Vidya Gastaldon décrit un monde qui ne saurait se limiter à une apparence concrète réductible à la connaissance rationnelle. Ses paysages, parfois habités d’un bestiaire fantastique, évoquent de par leurs formes une réalité supérieure ou modifiée de la conscience et invitent le regardeur à déchiffrer un jeu de références à la fois interne et externe à l’œuvre. L’artiste convoque ainsi librement la Bhagavad Gita, les tentations de Saint-Antoine, mais aussi les Barbapapas, et Bob l’éponge. Prélevés indifféremment de champs érudits et populaires, ces motifs cohabitent en parfaite harmonie. C’est en cela que cette œuvre peut être considérée comme réellement « psychédélique ». Apparu au début des années 1960, le psychédélisme fut, avant toute considération stylistique, un gigantesque mouvement populaire de démocratisation de savoirs sacrés (venus d’Orient), scientifiques (l’acide lysergique diéthylamide), et avant-gardistes (le Surréalisme européen).

La vision syncrétique et non-dualiste qui s’en dégage raconte le cycle de la vie — de la matière vivante — en constante mutation, en constante transmigration. Mais si Biolovarama, la première exposition monographique de Vidya Gastaldon au Mamco en 2005, faisait encore en grande partie état de la genèse d’un processus d’émergence vital, l’univers iconographique décliné par cette exposition est beaucoup plus proche de L’Europe après la pluie de Max Ernst, un tableau de 1942 grouillant d’un mal que le sol ne pourra jamais complètement absorber. Une phase d’indistinction et d’anéantissement qui néanmoins produit une joie stridente, à l’image des sourires pleins de dents et des regards extasiés des tasses, soucoupes et autres éléments d’un service à thé barbouillé de peinture, qui tous semblent s’exclamer Tu es monstrueux et je t’aime beaucoup.



Vidya Gastaldon est née en 1974 à Besançon, elle vit et travaille à Grange Neuve et Genève.
www.vidyarama.com