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  Fabrice Gygi 

exposition temporaire
Mutual Agreement   

présentation des collections
L'Escalier   

Cross Blocks, 2001
court. Galerie Bob van Oursow, Zurich

Pylônes, 2004
trois colonnes en aluminium et base de béton
280 x Ø 80 cm
coll. Mamco et coll. de l'artiste
Y, 2004
cuir, crin végétal, inox (3 éléments)
127 x 95 cm chacun
coll. Mamco, acquis grâce au soutien du Cercle de l'Amamco

Palissades, 2000
coll. Frac Bourgogne, Dijon
Monochromes gris, 2003
coll. de l'artiste, court. Bob van Oursow, Zurich



Fabrice Gygi, Mutual Agreement

in cycle Mille et trois plateaux, premier épisode
Constellations  /  du 17 octobre 2004 au 16 janvier 2005

Fabrice Gygi est aussi bien sculpteur, graveur, peintre, performeur que vidéaste. L’exposition « Mutal Agreement » se présente comme une grande installation, articulant des œuvres anciennes, des travaux récents et des réalisations inédites. L’ensemble se développe sur tout le plateau du premier étage du musée qui a été décloisonné pour la circonstance. La halle aux machines retrouvant, pour mémoire, ses dimensions industrielles.

Sur une estrade, dans un isolement relatif, des œuvres composent un espace rétrospectif pouvant servir de référent. Que ce soit la tente-cabane construite sous une table, le sac de couchage, les colonnes de toile, les premiers travaux de Fabrice Gygi contiennent les prémisses de son vocabulaire formel et posent les bases typologiques de sa production artistique.

Les tentes, les estrades, les palissades, les grillages, les caillebotis, voire le dérouleur de tapis rouge, sont autant de motifs récurrents d’aménagement provisoire de l’espace public. Ces éléments, destinés à des usages temporaires, affirment, par leurs structures et leurs matériaux, leur destination et leur temporalité. D’autres formes semblent nées de l’anticipation des risques. C’est le cas des différents sacs gonflables, des canots de sauvetages et des structures métalliques défensives. Le sac de couchage qui, s’il fait depuis récemment partie de notre sphère récréative, n’en fut pas moins élaboré pour permettre la survie.

Tous ces éléments ne sont opérants que dans leur usage décisif en un temps et un lieu non prédéfinis. Aussi connotés que puissent apparaître ces objets et installations, ils témoignent de structures usuelles dans notre quotidien. Ainsi, et particulièrement dans notre société de milice, les toiles de tentes, les tréteaux, les sacs de couchage sont souvent les mêmes qu’ils soient utilisés à des fins civiles ou militaires, individuelles ou collectives. Fabrice Gygi les présente hors champ, sans pré-destination, les faisant entrer dans cette zone franche, entre espace privé et espace public, qu’est le lieu d’exposition. Ils deviennent les signes tangibles de la forme uniformisée que prend l’organisation de nos rapports sociaux. Ce ne sont que des représentations, qui n’ont de commun et de standard que leurs modèles.

La tradition artistique est parcourue de contingences formelles, structurant le rapport du spectateur à l’œuvre et, partant, du spectateur au monde. Fabrice Gygi n’hésite pas à se jouer des archétypes formels attendus : colonnes et escaliers (essentiels au langage architectural), mannequins (premier stade de la sculpture figurative) et tableaux. S’il se fait passeur, confrontant les visiteurs à la réalité structurante et convenue du monde, il n’en isole aucun élément. Les grillages sont autant des sculptures que les toiles de tentes tendues sur châssis sont des monochromes. L’ensemble laisse le goût amer d’une prise de conscience oppressante.


Fabrice Gygi est né en 1965 à Genève, il vit à Genève.