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  Marcia Hafif 

expositions temporaires
Photographies  
Les Années romaines  
Italian Paintings, 1961-1969  
Peintures, 1962-1968  

Vues partielles de l'exposition




Marcia Hafif, Italian Paintings, 1961-1969

in cycle Vivement 2002 !, quatrième épisode
du 21 février 2001 au 29 avril 2001


Après une première exposition en 1999, le Mamco a choisi de présenter, avec une sélection de plus de cinquante peintures et près d’une centaine de dessins, l’œuvre italienne de Marcia Hafif : « Italian Paintings, 1961-1969 ».

Lorsqu’elle quitte la Californie pour s’installer à Rome en 1961, M. Hafif emporte avec elle les questionnements et l’enseignement de la Ferus Gallery de Los Angeles (1957-1966). Espace de réflexion et d’exposition alternatif pour la jeune scène artistique californienne et new-yorkaise, co-fondé par Walter Hopps et Edward Kienholz, la Ferus Gallery voit se succéder les propositions très diverses de Wallace Berman, Ed Ruscha, Jasper Johns, Ellsworth Kelly, Andy Warhol, etc. Empreints de l’expressionnisme abstrait aussi cotoyé chez Ferus, les « California Type Drawings », premières œuvres italiennes de M. Hafif, sont marqués par une symétrie dont l‘origine – un poignet cassé – l’amène à devenir ambidextre et conditionne ses modes de procédure.

Stimulée par le contexte italien dans lequel elle arrive, M. Hafif procède par séries et multiplie les dualités forme / fond, dans des compositions qui flirtent avec la figuration, comme en témoignent les intitulés : « Marble forms », « Games », « Advertising », « Family », « Distance », « Open Center », « Burroughs », « Hill Shape », « Body Parts », « English Poetry ». Ces formules génériques n’apparaissent cependant pas dans le descriptif des œuvres dont les titres réduits à des numéros qui reprennent la chronologie de l’exécution. Son répertoire formel traduit les influences chromatiques extérieures : géométrie et polychromie de l’architecture italienne, panneaux de signalisation, publicités, design, etc., comme plus tard, l’architecture lyonnaise influencera la série monochrome des « French Paintings ».

La couleur, pour laquelle elle optera définitivement au détriment de la ligne dès son retour en peinture en 1972, est posée en aplats lumineux et saturés. La toile dont le motif, d’abord centré, est agrandi jusqu’à ses limites, s’approche du monochrome dans des compositions de plus en plus 'Hard Edge'. Comme l’écrit en 1968 la critique d’art italienne Marisa Volpi : « Son tableau est composé de deux parties colorées ; en se touchant elles forment une marge courbe. Des deux parties, laquelle est l’espace et laquelle est la forme ?... À l’intérieur de cette tension de groupes opposés qui doivent s’équilibrer, Marcia recourt à son talent particulier dans l’utilisation de la couleur comme élément dynamique qui absorbe ou se répand, reste immobile ou agresse. À travers ce dynamisme couleur-forme les perceptions visuelles subissent une interruption soulignée par la répétition subtilement jouée avec des variantes (dimensions différentes, variation des couleurs et des formes en différentes combinaisons), et nous découvrons de nouveau en quoi consiste l’acte de "voir". »

À l’image des gouaches découpées de Matisse, M. Hafif réalisera également en parallèle à ses peintures, de 1966 à 1968, plusieurs séries de collages 'pop' au moyen de papiers vinyliques colorés, dans lesquels elle découpe un 'pattern' ensuite décliné jusqu’à épuisement de la forme.

« Préhistoire de son évolution vers le monochrome », cette œuvre méconnue et en partie inédite, pose le problème de la dimension iconographique de l’abstraction et témoigne de l’émergence de formes anthropomorphiques dans la peinture abstraite en une combinaison de lignes et de champs chromatiques essentiels marqués par l’héritage matissien. Ici, point de désenchantement du monde, mais un hymne à la couleur et à la ligne. Un vrai plaisir rétinien.


Marcia Hafif est née en 1929 à Pomona en Californie ; elle vit à New York.
www.marciahafif.com