![]() |
![]() |
![]() |
| 76., février 1965 acrylique sur toile, 70 x 70 cm Coll. de l’artiste, dépôt Mamco 169., novembre 1967 acrylique sur toile, 140 x 140 cm Coll. de l’artiste, dépôt Mamco 35., octobre 1963 laque sur toile, 140 x 140 cm Coll. de l’artiste, dépôt Mamco |
| Marcia Hafif, Les Années romaines in cycle Futur antérieur, séquence d'hiver 2010 |
En 1961, Marcia Hafif quitte la Californie pour l'Italie où elle souhaite étudier les couleurs et les textures de la peinture italienne de la Renaissance. Elle pense se fixer à Florence mais c'est finalement à Rome qu'elle va vivre pendant huit ans. La « période romaine » de Marcia Hafif se compose de 210 peintures dont plus de la moitié est aujourd’hui préservée et de 255 dessins, pastels et collages. L'ensemble de ces œuvres, redécouvert en 1999, et jusqu’ici peu montré, constitue le chaînon manquant qui permet de suivre l'évolution de sa peinture et de comprendre ce qui la conduit, en 1972, au monochrome puis à la Radical Painting. C'est dans les années 1960 qu’elle entre en abstraction. Elle n’envisage plus la peinture comme un moyen de représenter le monde extérieur mais considère le tableau en tant qu'objet. Elle dit alors de sa peinture qu'elle est « concrète ». Sa formation artistique lui vient en partie de la Ferus Gallery de Los Angeles (1957-1966) que dirigent Walter Hopps et Edward Kienholz. Elle s’intéresse aussi à la ligne picturale apparue en réaction à la décadence de l'expressionnisme abstrait. La régularité géométrique, l'exécution anonyme, le contraste de deux couleurs plutôt qu'un contraste ombre et lumière, le refus de l'illusionnisme sont les fondements de sa nouvelle peinture. C’est à Rome qu’elle abordera avec méthode les problématiques lignes / fond, couleur / forme, développant un travail dont Clément Greenberg disait qu'il allait dans le sens de la clarté et de la lisibilité. Les « California Type Drawings », réalisés à l'aide de pastels gras, sont parmi ses tout premiers dessins européens. Encore teintés de sentimentalisme, ils sont proches de l'expressionnisme abstrait. S'y exprime la réminiscence de l'iconographie biblique ou de thèmes amérindiens. Les dessins et collages qui suivent ne constituent pas des esquisses pour les peintures, mais ils permettent à l’artiste d'explorer des motifs qui ne sont pas toujours abordés dans les peintures. Pour les collages, M. Hafif utilise les papiers vinyliques colorés avec lesquels sont réalisées les maquettes d'architecture. Durant sa période italienne, M. Hafif aura produit une peinture abstraite qui flirte avec la figuration. Un grand moment de peinture, sans ironie, sans second degré, dans lequel ne s'exprime qu’un pur bonheur de peindre, matérialisé par des couleurs lumineuses. « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude. » (Paul Cézanne, juillet 1904) |
|