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  Anton Henning 

exposition temporaire
La Plage sans arrêt  

Alex Hanimann 1
Alex Hanimann 2

Vues partielles de l'exposition

 




Anton Henning, La Plage sans arrêt

in cycle L’Éternel Détour, séquence été 2012
du 6 juin au 16 septembre 2012

Dans son œuvre, Anton Henning se réfère beaucoupà l’histoire de l’art pour laquelle il porte une vraie considération mais qu’il traite aussi avec légèreté et ironie. Il échafaude son cosmos artistique dans un esprit subversif où la peinture, même si elle est le topique principal du travail, n’en est pas le médium exclusif puisqu’elle cohabite avec la sculpture, le mobilier ou la vidéo.


Sa peinture se caractérise par une grande variété de sources. A. Henning emprunte aussi bien à Courbet, Picasso, Picabia ou Arp pour n’en citer que quelquesuns. Tous les genres définis de la peinture, tel le nu, le paysage, le portrait ou la nature morte, sont traités le plus souvent dans un esprit absurde et grotesque. Si A. Henning ne dissimule pas ses sources, il ne se situe pas dans une logique d’appropriation mais dans celle d’une véritable interprétation. Chacun de ses tableaux est une œuvre nouvelle qu’il traite comme des réminiscences ou des commentaires subjectifs, et où il intègre fréquemment des éléments autobiographiques. Son travail s’affirme comme une volonté de regarder l’histoire de l’art de manière non conventionnelle et comme un moyen d’intégrer différents registres de la peinture. Cet apparent éclectisme des styles et des sujets est revendiqué par A. Henning comme l’expression de sa totale liberté artistique. Une attitude qui lui permet de développer des langages formels très différents comme pour mieux brouiller les pistes quant à l’identité de son auteur. A priori, il paraît difficile de relier un tableau de paysage de style naturaliste à un portrait qui relève du registre grotesque, ou à des compositions abstraites, souvent intitulées Intérieur, qui peuvent aussi bien être des peintures à la géométrie élémentaire qu’aux arabesques multiples. D’un côté, A. Henning semble vouloir assumer l’idée de beauté, donc une forme de bon goût et de l’autre, il semble prendre un réel plaisir à développer un style qui relèverait du camp. Ce terme défini dans un essai célèbre de Susan Sontag : Notes on Camp (1964), trouve une résonance dans le travail d’A. Henning en tant que prédilection pour le trucage et l’exagération, mais aussi en tant que disposition à nourrir le mauvais goût ou une manière de vénérer le kitsch avec ironie. Les titres semblent aussi contribuer à déconcerter le spectateur plutôt que de faciliter la compréhension de l’œuvre. Le titre déjà mentionné, Intérieur, peut se référer à une salle de séjour avec canapé, table basse et tableaux, comme il peut représenter diverses compositions abstraites. Un Portrait peut se révéler être, en fait, un autoportrait ou encore une chaise de Marcel Breuer. Cette façon de jeter le trouble serait une manière d’activer constamment la conscience du spectateur et de lui donner un rôle actif dans l’interprétation de son travail. Cette multiplicité de styles et de traitements dans la peinture trouve un écho dans sa pratique de la sculpture, du mobilier ou de la vidéo. Cette volonté d’être un artiste complet se retrouve aussi dans la mise en espace de ses œuvres. L’installation est donc aussi traitée par l’artiste comme un véritable médium où il endosse le rôle du commissaire de ses propres expositions. Ces dernières apparaissent comme de véritables environnements pour ses œuvres mais aussi pour le spectateur. Par ce travail, il crée une authentique mise en scène où il fait coexister des genres très différents et parfois des esthétiques contradictoires. L’installation consiste donc à trouver une tonalité particulière pour maintenir la cohésion entre les différentes œuvres. Elle est aussi conçue comme le contexte idéal pour la contemplation des œuvres, où tous les éléments seraient connectés et où le spectateur deviendrait lui-même un élément de l’installation. Henning crée ainsi de véritables environnements afin d’emmener le spectateur dans une sphère qui relève moins de la connaissance que de l’expérience et qui par sa mobilité se trouve à chaque fois dans une situation singulière ou dans un Gesamtkunstwerk.


Anton Henning est né en 1964 à Berlin ; il vit à Manker.