2_1 MAMCO 2_1 AGENDA PRESSE CHRONIQUES MISCELLANEES RADIO FILMS
4_1 EXPOSITIONS COLLECTIONS ARTISTES PUBLIC EDITIONS MUSEE INFORMATIONS

 

COLLECTIONS_PRESENTATION COLLECTIONS_ARCHIVES
A B C D E F G H i J K L M N O P q R S T u V W x y Z
    
  Axel Huber 

exposition temporaire
La Nuit seule, 2000   

 
 





Axel Huber, La Nuit seule, 2000

in cycle Vivement 2002 !, deuxième épisode
du 17 juin 2000 au 17 septembre 2000

« La Nuit seule » est le titre de cette exposition de photographies inédites d’Axel Huber.
Comme si la nuit était le vrai monde de la photographie : elle en émane au lieu aveugle de la chambre obscure, elle en surgit au moment de vérité du développement.
Longtemps la nuit a aussi marqué sa limite : qu’enregistrer du défaut de lumière quand la photographie ne se fonde que sur la saisie des photons, que de ce toucher chimique de la lumière sur la surface sensible ? C’est, on le sait bien, un éclair, un éclairement soudain – et plus ou moins allongé, un procès d’éclairage par captation et affectation sélectives.
Le jour et la nuit sont également sa menace ultime et sa condition nécessaire.

Mais ce n’est pas à cette petite ontologie de la photographie que font d’abord songer ces images naturellement tirées en noir et blanc (à partir d’internégatifs issus de diapositives en couleurs).
L’art a souvent trouvé, sinon son lieu, du moins sa source dans la nuit urbaine, dans la dérive nocturne où se défont vite les conventions qui corsètent l’existence diurne. La nuit où tous les chats sont noirs, où les marques du passage du temps se font plus discrètes que le jour, où les rencontres ne s’agendent pas, où la durée déroule son 'rubato' dans une bulle labyrinthique. A. Huber est un passager de la nuit, l’hôte furtif de toutes les escales imprévisibles.
Et la nuit des villes est un tissu d’images déjà vues, traversées, déplacées, égarées, retournées sur elles-mêmes, un train fantôme où la vie change de film comme de chemise, où la proie est l’ombre même, où les corps projettent sur des toiles filantes les silhouettes des désirs dont ils ne sont que les échangeurs momentanés.
La nuit bien comprise n’a pas de bout, juste des boucles qui nous remettent dans les pas de ceux qui nous suivront.

Les images d’A. Huber ont cette vertu de contagion de la nuit. Leur espace est celui de la réminiscence au cœur de l’instant, leur méthode est souvent celle de la mise en scène, donc du léger différé, de la répétition subtile. Il n’y a pas d’instantanés : « le hasard est toujours à répéter », dit-il.
C’est donc aussi au déroulé d’une certaine histoire de la photographie qu’elles procèdent, levant une à une d’autres images toujours déjà fixées.
Comme si la ville nocturne n’était plus qu’un défilé de clichés catalogués, scènes de genre, détails vertigineux, portraits substitués, souvenirs affleurant à la surface des choses, angles de vision retords et autres éclats de miroirs blêmes.
Ce théâtre du lendemain soir, en voici le souffleur étourdi, c’est-à-dire aussi bien distrait qu’ivre de ses affûts, au gré des bars, au fil (aux filles) des rues.


Axel Huber est né en 1955, il vit partout.