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  On Kawara 

exposition temporaire
Thanatophanies, 1995 (édition de 1995)   

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Section des stylites   

Thanatophanies, 1955-1995
portofolio de 30 estampes réalisées à partir des dessins exécutés par On Kawara en 1955-1956
éd. Parco
coll. Mamco




On Kawara, Thanatophanies, 1995
(édition de 1995)

in cycle Vivement 2002 !, deuxième épisode
du 17 juin 2000 au 17 septembre 2000

Depuis plus d'une trentaine d'années, On Kawara répète suivant les mêmes modalités quelques scénarios dont rien (ou presque) ne semble pouvoir l'écarter. Ainsi les « Date Paintings » (« Today Series ») inaugurées le 4 janvier 1966 s'obstinent à reproduire la date de leur réalisation en se bornant à ne varier que le format et la couleur de leur support monochrome, ainsi que le libellé de l'inscription qui obéit aux conventions du pays où l'artiste se trouve au moment où il peint. Il en va de même pour les autres séries de travaux commencées entre 1966 et 1968. Qu'il s'agisse des télégrammes qu'il fait parvenir à des interlocuteurs de la scène artistique avec la mention « I am still alive », des cartes postales où figure « I got up at… », de la reconstitution de ses lectures (« I Read »), de ses déplacements (« I Went »), de ses rencontres (« I Met »), toutes ses interventions semblent marquées par le souci de délivrer une sorte de comput personnel de ses activités aussi lisse et imperméable que possible. Il en ressort l'impression d'une temporalité abstraite, d'où aurait été éliminée toute dimension historique. Ce que confirment massivement les interminables suites de dates qui scandent « One Million Years – Past » (1972) et « One Million Years – Future » (1982-1995). Il suffit pourtant d'ouvrir les boîtes dans lesquelles sont généralement renfermées les « Date Paintings » pour buter sur le fait historique sous un de ses états les plus bruts. Chacune d'entre elles en effet est accompagnée d'une coupure de presse datée du même jour que la peinture. Sous une coïncidence apparemment hasardeuse réapparaît donc une substance qui ne se résout pas à la scansion abstraite de la durée et qui semble rejaillir d'une sorte de boîte de Pandore qu'On Kawara se serait efforcé de refermer le plus silencieusement possible.

« Thanatophanies », le portfolio de gravures publié en 1995 par Parco Ltd est à la mesure de ce que peut cacher cette boîte. Le cycle de trente dessins qu'elles reproduisent, réalisé entre 1955 et 1956, avait d'emblée été conçu dans le but de former un livre, originellement intitulé « Death Masks » (« Shikamen »). En le publiant ainsi près de cinquante ans après, On Kawara semble le mettre à distance de son contexte initial de création : prévu pour former la première partie d'un ensemble inachevé de « Portraits de japonais », il acquiert une signification plus universelle qui se condense dans le titre nouveau qu'il lui attribue en 1995. Placer chacune de ses « apparitions » sous l'invocation du dieu grec de la mort leur donne en effet une dimension mythique, une apparence de fatalité, qui élargit le cauchemar de l'ère atomique et de la guerre froide dont ces figures sont l'expression symbolique à l'ensemble du siècle finissant. Le poids de ce répertoire de l'innommable, constitué de têtes monstrueuses où semble se condenser tout ce que l'humanité a engendré en matière de malformations congénitales, de séquelles de maladies ou d'accidents, de stigmates de radiations et d'apocalypses génétiques, doit beaucoup à la technique de crayon développée alors par On Kawara. Son vérisme quasi photographique – certaines de ces figures étaient d'ailleurs inspirées par des photographies – était en effet aussi une réponse artistique à la généralisation des techniques de reproduction mécaniques : on pourrait dire que « l'artiste a tenté ici, pour la première fois, de mettre en œuvre ce qu'il appelle de la " peinture imprimée ". »


On Kawara est né en 1932 (24 646 jours le 16 juin 2000) à Kariya au Japon, il vit à New York.