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  Peter Land 

exposition temporaire
Ups and Downs   

The Lake, 1999
film 16 mm transféré en DVD, 10 min 50
court. Galleri Nicolai Wallner, Copenhague

The Lake, 1999
film 16 mm transféré en DVD, 10 min 50
court. Galleri Nicolai Wallner, Copenhague

Joie de vivre, 1998
double projection, 9 min
court. Galleri Nicolai Wallner, Copenhague

The Cave, 2002
aquarelle sur papier ; 152 X 225 cm
coll. M. Bucksbaum et R. Learsy
court. Galerie Emmanuel Perrotin, Paris


Peter Land, Ups and Downs

in cycle Rien ne presse / Slow and Steady / Festina lente, premier épisode
Jokes  /  du 23 mai 2002 au 22 septembre 2002

Les œuvres de Peter Land jouent sur une variation constante entre tragédie et ironie, illusion et désillusion. Elle oscillent entre la recherche du sens de l’existence et la prise de conscience de son absurdité. L’humour est omniprésent et pénétrant dans ses représentations d’un anti-héros qui fait des expériences douloureuses par le truchement de mises en situation d’apparence insignifiantes. Incidents inoffensifs et petits accidents sont répétés suffisamment de fois pour que leur aspect de prime abord comique, prenne au fil de l’action une dimension tragique. Par le biais de dessins, films et photographies, le spectateur est amené à questionner sa propre perception. P. Land manie des références empruntées aux comédies « tarte à la crème » et au théâtre de l’absurde, mais le rire initial qu’il provoque fait toujours place au sentiment coupable d’avoir été le témoin désengagé de quelque chose de confus et de douloureux.

Après des débuts de peintre, inspiré par la tradition expressionniste abstraite, P. Land se heurte rapidement à la frustration de ne plus savoir pourquoi il peint. Il entame alors, dès 1994, une production de vidéos qui supplante son activité de peintre. Dans « Peter Land 5 May 1994 », sa deuxième vidéo, P. Land fait « table rase » et se met à nu pour nous montrer « ce qui reste quand toutes les valeurs culturellement et socialement apprises ont été démasquées, annulées et supprimées ». Ivre-mort, il dévoile, sans inhibition, son corps imparfait dans une manifestation de vitalité et une volonté d’exister malgré tout. Le rire et la souffrance sont intimement liés.

Après trois ans d’interruption, P. Land se remet à dessiner. Ses œuvres – entre caricature et bande dessinée – deviennent une introduction directe à son monde fantastique : un monde en apesanteur où les angoisses, les fantasmes et les rêves se révèlent.

P. Land est l’unique acteur de ses vidéos. « La vidéo me permet de me présenter dans différents rôles. Face à la caméra, possibilité m’est donnée d’incarner un fantasme personnel comme forme d’expression d’une position sociale. » Un démaquillage psychologique combiné à une nécessité d’auto-préservation face au risque d’une dissolution mentale qui conduirait à l’apathie. Une telle démarche, qui procède d’un recentrage constant vers l’honnêteté, propose de dépasser un niveau individuel au profit de l’expression d’un problème universel.
Dans « The Lake » (1999), nous sommes témoins de la dernière promenade d’un chasseur, habillé de pied en cap, gourde de whisky, cadre bucolique, sur fond de « La Pastorale » de Ludwig van Beethoven. Survient alors l’action tragique. Le gibier est substitué par l’embarcation contre laquelle le chasseur retourne son arme. Absurde et tragique, ce mode de « suicide » vient résoudre l’énigme de cette mise en scène dans laquelle l’acteur n’est que l’objet d’un destin contre lequel il ne tente rien.
« L’idée que le monde continue au-delà de ma mort m’a toujours terrifié mais je songe que je devrais en fin de compte la trouver rassurante. »


Peter Land est né en 1966 à Aarhus, Danemark, il vit à Copenhague.