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  Zilla Leutenegger 

exposition temporaire
*1968 (meine nächste arbeit wird mit einem hund sein)   

Der Mann im Mond, 2000
vidéo projection, dialampe
court. Galerie Peter Kilchmann, Zurich

Dream as Drawing, 1999
vidéo projection
court. Galerie Peter Kilchmann, Zurich

Miniature, 2001
vidéo sur moniteur
court. Galerie Peter Kilchmann, Zurich



Zilla Leutenegger,
*1968 (meine nächste arbeit wird mit einem hund sein)

in cycle Vivement 2002 !, cinquième épisode
du 1er juin 2001 au 16 septembre 2001

Zilla est le seul sujet de l’art de Leutenegger. Pourtant, il serait faux de croire que ses vidéos, des mises en scène très courtes, présentées en boucle, traitent de la représentation de l’artiste en tant que sujet psychologique et social authentique. Les vidéos de Z. Leutenegger sont à regarder comme des fenêtres qui ouvrent sur son monde romantique, des séquences qui participent autant de l’autobiographie que des jeux de rôle issus de la culture 'pop'. Elle multiple les rôles et présente essentiellement un moi médiatisé à l’âge de la communication généralisée. Si l’intimité et la représentation de la sphère privée sont des thèmes récurrents, ils sont toujours traités dans un esprit affirmé de distanciation. Les images vidéo sont retouchées à l’aide du dessin, manipulées par l’ordinateur et les nouvelles technologies. Un ensemble de procédés qui s’écarte de la croyance naïve dans les images et leur authenticité. Globalement, le travail suggère une certaine désillusion quant au pouvoir des stratégies de rupture dans l’émancipation de l’individu telles qu’elles étaient conçues par les artistes des années soixante-dix. Ici, tout semble se passer au niveau d’un simulacre véhiculé par les médias. Et ce sentiment est encore renforcé par le fait que les scènes n’ont aucun caractère narratif.

Avec « Dream as Drawing » (1999) Z. Leutenegger mélange à la manière du collage l’image vidéo et le dessin. La séquence filmée de l’artiste en train de dormir est incrustée en négatif dans l’esquisse d’une chambre à coucher. Nous la regardons dormir, bouger légèrement. Bien qu’apparemment le spectateur soit invité à partager son voyage intérieur, sa position est à l’opposé de celle du voyeur. En présentant cet objet hybride – ni un film ni un dessin animé – Z. Leutenegger donne plus à voir son absence que sa présence. Elle parvient ainsi à représenter le personnel sans aucun esprit exhibitionniste. Poursuivant dans ce registre de la sphère privée, « Miniature » (2000) représente une jeune fille (Zilla) esquissant quelques pas de danse dans un environnement domestique. Cette scène d’intérieur se détache en relief sur un fond rose. Ambiance 'glamour' et nostalgie 'pop'. Ces quelques éléments invitent à la projection d’un monde complet. Ce monde qui est propre à chacun se définit finalement par peu de chose et tient dans un espace restreint. A contrario, « Der Man im Mond » (2001) nous renvoie à la conquête de l’espace. L’homme sur la lune – qui se trouve être ici une femme – urine dans un cratère en contemplant au loin la terre et en sifflotant de manière décontractée. Avec humour et ironie, Z. Leutenegger revisite le pas le plus important de l’humanité durant le XXe siècle. Comme tout animal, l’homme qui urine marque symboliquement son territoire. Comment faut-il voir ce geste dès lors qu’il est accompli par une femme ? Comme le signe qu’elle n’aurait elle-même pas d’autres possibilités de marquer des territoires déjà conquis ?


Zilla Leutenegger est née en 1968, elle vit à Zürich et à Berlin.
www.zilla.ch