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  Didier Marcel 

exposition temporaire
Couchers de soleil, 1999-2005   

présentations des collections / archives
Modèles modèles   
Modèles modèles 2   

Sans titre, 2002
4 arbres moulés en résine polyester floquée, inox poli miroir, moteurs électriques ; 300 cm. x Ø 120 cm.
coll. Frac Auvergne

Vue partielle de l'exposition

Cyprès, 2003
8 arbres moulés en résine polyester floquée, moteur rotatif ; 320 x 50 x 50 cm chacun
coll. de l'artiste
Prénoms, 2005
peinture murale acrylique, aérosol
coll. de l'artiste

Sans titre, 2002
bois de bouleau et acier inox poli brillant ;
90 x 150 x 140 cm
coll. Frac Ile-de-France
Sans titre (Chatterton), 2004
adhésif



Didier Marcel, Couchers de soleil, 1999-2005

in cycle Mille et trois plateaux, troisième épisode
Configurations  /  du 7 juin 2005 au 18 septembre 2005

La démarche artistique de Didier Marcel, inaugurée dès ses expositions des années quatre-vingt est centrée sur l’idée d’opposition et de contraste. Elle conduit un subtil déplacement de la notion d’exposition. La question du mode de présentation sous toutes ses formes est également récurrente dans le travail de l’artiste, qu’il s’agisse des socles, des présentoirs ou même du revêtement du sol… Par exemple, les maquettes de D. Marcel, réalisées par des modélistes professionnels à partir de photos de bâtiments existants, sont toujours présentées sur des plateaux giratoires. Ces derniers ne sont pas sans rappeler les dispositifs de présentation des voitures au Salon de l’automobile. Le plus souvent, les maquettes servent à donner une image à petite échelle de ce que sera le résultat final. Ici les maquettes représentent des bâtiments déjà construits. Elles apparaissent ainsi comme des 'flash-back' de ces banals objets architecturaux, d’ailleurs souvent désaffectés, elles exemplifient la relation spécifique entre l’artiste et le paysage suburbain déqualifié.

D. Marcel présente également dans cette exposition une sculpture pyramidale, à base de rondins de bouleaux dont les extrémités sont protégées par des manchons en inox poli. L’artiste dit à leur propos : « Chacun des éléments de bouleau qui constituent cette sculpture a été choisi pour la qualité de son écorce et pour son diamètre, de façon à ce qu’il corresponde exactement au diamètre de tubes inox standards. Il s’agit de l’ajustement d’un élément naturel brut qui provient directement de la forêt à un manchon métallique provenant, lui, d’une industrie normalisée. Le sertissage des extrémités de chaque bûche par deux éléments métalliques de finition “poli miroir” est une opération d’ennoblissement utilisée dans l’orfèvrerie et l’industrie de luxe. » Cet assemblage de bouleaux fait écho à la présentation voisine de quatre troncs d’arbres en résine polyester sur des plates-formes tournantes en inox poli. Les miroirs tournants donnent l’illusion de « plateaux d’argent ». Cette présentation joue sur l’effet déréalisant de la greffe d’un artifice précieux sur la nature, qu’elle soit authentique, avec les bouleaux, ou synthétique, avec les moulages de troncs d’arbres.

De l’univers forestier, nous passons au monde agricole avec l’apparition d’un râteau-faneur. Cette machine agricole des années soixante-dix, peinte en vert et jaune, repose sur la pente d’un « champ » de moquette bleue éclairée par la lumière rasante d’un projecteur qui suggère un coucher de soleil démultiplié : les quatre roues dentelées de la machine projettent leur étrangeté sur le mur du fond. On peut y voir une référence aux ombres portées des 'ready-mades' de Marcel Duchamp.

Mais les objets créés ou employés par Didier Marcel ne sont pas vraiment des 'ready-mades'. Ces artefacts, copiés ou associés, sont autant des images tridimensionnelles que des objets. Ils deviennent des paysages, urbains ou ruraux. Et plutôt que de les exposer abstraitement (articulés, comme chez Duchamp, à des énoncés), D. Marcel les met théâtralement en scène et les métamorphose en représentations sculpturales d’un hyperréalisme imaginaire.


Didier Marcel est né en 1961, il vit à Dijon.