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  Bujar Marika 

expositions temporaires
Tableaux  Marika_Tableaux_T
Paradox Park  Marika_Paradox_T
Bâtimental  Marika_Batimental_T

présentation des collections
L'Escalier  Marika_Escalier_I Marika_Escalier_T

Porte-temps, 2007
casier de 169 bouteilles de vin
coll. de l’artiste
Murmur Wall Time, 2006
169 horloges quartz ; 25 cm de diamètre chacune
coll. de l’artiste

Vue partielle de l'exposition

Le panier d’amitié, 2007
moquette verte, panier de pique-nique et papiers impirmés
coll. de l’artiste



Bujar Marika, Bâtimental

in cycle rolywholyover, premier épisode
onamatterpoetic  /  du 21 février au 6 mai 2007


En parallèle d’une formation scientifique qui le conduit à exercer les métiers d’instituteur, de rédacteur de la revue albanaise Science & Vie, et surtout de designer de renommée internationale, Bujar Marika éprouve une forte inclination pour l’art et l’architecture. Il choisit pourtant de ne pas suivre ce goût qui lui aurait sans nul doute ouvert une problématique carrière d’artiste réaliste-socialiste : « C’était peut-être déjà un acte artistique que de ne pas entrer officiellement dans l’art. »

Il lui faudra donc patienter avant d’entamer, à 52 ans, une carrière de plasticien. Pour parachever l’apprentissage libre, lacunaire mais stimulant qu’il s’est imposé, il lui faut alors brûler les étapes et prendre le parti de la radicalité. Arrivant à Berne, en 1992, il entre brièvement en contact avec Max Bill à qui il montre ses cubes et formes dérivées réalisées en bois pour Naef Spiele AG, entreprise spécialisée dans les jeux de construction et de logique. Sur les conseils de M. Bill, il se met à peindre. Sa rencontre avec Ulrich Loock, alors directeur de la Kunsthalle de Berne, le rattache à l’art concret zurichois. Mais à cette forme d’art qui lui apparaît trop rationnelle et contrôlée, B. Marika préfère l’idée d’œuvre ouverte d’Umberto Ecco comme la littérature de Joyce, Kafka, Nabokov en donne déjà l’exemple, et oriente son travail vers un art post-conceptuel et post-minimaliste. Il expérimente le rapport matière-idée et s’intéresse à des problématiques sociales et politiques.

BâtimentaI, le titre de son exposition au Mamco, est plus qu’un jeu de mot. Ce mot-valise marque la fusion de deux espaces, celui du bâtiment et l’espace mental que le Mamco introduit dans le bâtiment. B. Marika interroge l’histoire de la modernité en commentant les œuvres de quelques-unes de ses figures tutélaires (Manet, Mallarmé, Duchamp), et prend également comme axe de réflexion le musée, sa typologie, sa philosophie, sa capacité à faire œuvre. Ainsi Banc Ryman, banc de Plexiglas à la disposition des visiteurs, rappelle que de nombreux artistes dont Robert Ryman, furent gardiens de musées. L’œuvre souligne le rôle de l’institution dans la longue maturation d’un artiste en devenir et invite le visiteur à une expérience initiatique similaire.

B. Marika est l‘archétype du visiteur attentif que tout musée se plaît à espérer. Au cours de ses fréquentes visites au Mamco, se stratifient dans son regard et sa mémoire les occurrences successives d’un même espace d’exposition. Colonne-Belvédère est une tour de verre composée d’un mille-feuilles de plaques, de format A4, dont la surface totale équivaut à la surface vitrée des salles du 4e étage du musée dont les fenêtres ont été occultées par des murs.

Les différentes versions des accrochages intitulés Duchampiana que le Mamco a consacré à l’influence de Marcel Duchamp sur l’art contemporain, ont pu influencer La Nuit de noces, hommage au Grand Verre, œuvre de Duchamp la plus commentée. 564 miroirs composent une forme phallique qui suggère l’impatience de la mariée à consommer enfin ses épousailles longtemps différées (ou celle, symétrique, des neuf célibataires). Le titre original de l’œuvre de Duchamp, La mariée mise à nu par ses célibataires, même, retranscrite en code barre, offre une alternance logique de lignes claires et sombres, dues à l’utilisation de miroirs bronze ou argent qui scarifient la colonne ainsi érigée.

À côté de quelques peintures, dont le diptyque Scriptio Continua qui parodie une forme caractéristique de l’art conceptuel (des mots peints sur fond monochrome) et traite de l’abandon progressif de « l’écriture continue », au profit de codes de lecture plus aisés, figurent différents autres médiums au rang desquels il faut compter la poésie, le hasard, l’imprécision, la négation, la mise en abîme, l’évidence, l’articulation de l’espace, les zones de contact, les hasards prévus et imprévus, la pensée…


Bujar Marika est né à Tirana (Albanie) en 1943 ; il est décédé à Genève en 2009.