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  Paul Noble 

exposition temporaire
Unified Nobson, 1995-2001   

Vue partielle de l'exposition

Lidonob, 2000
crayon sur papier ; 285 X 450 cm
court. Gorney Bravin & Lee, New York et Maureen Paley, Interim Art, Londres

Public Toilet, 2000
crayon sur papier ; 252 X 242 cm
court. Gorney Bravin & Lee, New York et Maureen Paley, Interim Art, Londres


Paul Noble, Unified Nobson, 1995-2001

in cycle Vivement 2002 !, quatrième épisode
du 21 février 2001 au 29 avril 2001

C’est principalement au moyen de dessins de grand format que Paul Noble travaille, depuis 1995, à la réalisation de sa ville « Nobson Newtown ». Nommée à partir d’un fragment de son propre nom, cette ville suggère une relation autobiographique entre l’auteur et son travail, et chaque dessin doit être vu comme une sorte d’autoportrait ou une carte psychologique. Ceci est encore accentué par le fait que les lieux représentés sont en principe inoccupés. La fiction mise en forme par P. Noble découle du rêve éveillé, mais elle trouve aussi un ancrage dans une réalité de l’habitat de l’après-guerre en Grande-Bretagne. Sa ville évoque, en effet, de nombreuses cités nouvelles construites notamment sous l’influence des propositions contenues dans « Les Cités-jardins de demain », le livre d’Ebenezer Howard. S’inspirant de cette réalité, P. Noble conçoit une ville comme un ensemble clos, autosuffisant. « Nobson » est la pure projection de son créateur qui détient les pleins pouvoirs et apparaît comme un architecte qui entretient une relation de droit divin avec sa création.

Bien que chaque œuvre se présente de manière autonome, l’ensemble du projet est défini selon un plan préalablement établi, qui se développe sur un long terme. C’est avec son livre d’artiste « An Introduction to Nobson Newtown » (1998), conçu à la manière d’un guide touristique comprenant un texte et des illustrations, que P. Noble pose les fondements et les principes qui sous-tendent la construction de cette ville-fiction. Bien que cette publication ne soit pas de nature explicative, elle suggère néanmoins que l’ensemble du travail répond, en un sens, au principe de planification rationnelle des urbanistes et des architectes. Cependant, l’idée de rationalité est contrebalancée par la présentation d’un monde qui relève du fantastique.

Cette coexistence d’éléments apparemment contradictoires se retrouve dans la mise en œuvre de « Nobson ». Si le dessin demeure la technique privilégiée, P. Noble tente depuis peu de développer d’autres appréhensions de son projet. Avec « Nobpark », il dote sa ville d’un territoire presque rural, en aménageant principalement un dispositif d’installation, et avec « Unified Nobson » (2001), il réalise pour la première fois un film d’animation où le temps de la perception de l’œuvre est traité différemment. Mais là encore, on retrouve le dessin qui prend tout son sens, tant comme forme classique de l’expression architecturale que comme moyen de matérialiser les fantaisies utopistes.

Les bâtiments de « Nobson » sont conçus selon un dessin précis, leur forme étant déterminée par des caractères typographiques en 3D créés par P. Noble et leur agencement dépendant de la formation d’un texte qui est en partie le titre du dessin. Ils s’inscrivent dans un environnement constitué d’une profusion de petits détails graphiques libres ; la minutie et le temps de l’exécution apparaissent alors comme un aspect essentiel dans la démarche de l’artiste. Cette combinaison d’éléments induit chez le spectateur un regard à la fois proche et lointain, sans centre défini. Le temps de lecture requis est donc important, tout comme le temps de l’exécution. Mais tant l’absence de point de fuite unique que l’emploi d’un style volontairement impersonnel permet à chacun de se projeter dans cet univers étrange.


Paul Noble est né en 1964 à Newcastle, il vit à Londres.