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  Dennis Oppenheim  

exposition temporaire
Proposals  

présentations des collections / archives
Labo des écarts    
Modèles modèle 2   
Modèles modèle   

Dennis Oppenheim

Vue partielle de l'exposition
Dennis Oppenheim, Proposals

in cycle cycle Des histoires sans fin, séquence automne-hiver 2014-2015
29 octobre 2014 au 18 janvier 2015


Sous le titre Proposals, Dennis Oppenheim a dessiné entre 1967 et 1974 soixante-deux projets d’œuvres d’art. Il les a rassemblés en un livre, publié en 1975, et en a imprimé une édition spéciale  de septante-cinq  exemplaires sur du papier utilisé pour les dessins de plans, roulés dans des tubes de carton. Les dessins sont divisés en quatre séries de couleurs différentes, qui correspondent chacune à une période chronologique : 10 bleues (1967), 14 sépia (1967-1968), 13 noires (1969-1971) et 25 rouges (1971-1974). La succession Dennis Oppenheim a offert au Mamco en 2014 l’exemplaire présenté dans le Cabinet des Abstraits.


À la fin des années 1960, Dennis Oppenheim est connu d’une part pour son travail sur le corps et d’autre part pour ses interventions dans le paysage. Ces interventions ont un mode d’existence éphémère qui les distingue des Earthworks les plus célèbres de Michael Heizer, par exemple. Les traces documentaires et photographiques, plus qu’un reliquat, rendent compte de l’intentionnalité et du processus de l’œuvre ; l’imagination  ou la capacité de projection du spectateur fait le reste. Ce n’est qu’à partir des années 1980 qu’Oppenheim s’attachera véritablement à proposer des sculptures pérennes, non plus dans la nature mais dans l’espace urbain. Les soixante-deux Proposals se situent précisément à l’intersection de ces deux types de travaux.

Plusieurs de ces plans suggèrent, à l’instar des œuvres du Land art, de dessiner à l’échelle du paysage. De plus, Oppenheim trace aussi le plan d’une Viewing Station, une haute estrade qui permettrait d’observer les œuvres réalisées dans l’espace depuis un point de vue privilégié. Cela impliquerait que ses paysages modifiés restent visibles durablement. Pourtant, en regardant ces plans, on se rend vite compte que bon nombre d’entre eux n’appellent aucune réalisation concrète. L’artiste invente des confrontations de matières, des organisations de l’espace qui resteront utopiques, au sens littéral du terme. La dimension processuelle ou protocolaire, très importante dans le travail d’Oppenheim de ces années-là, est ici encore incontournable. Certaines propositions sont déclinées en variations jusqu’à l’épuisement des combinaisons. Surtout, de nombreux plans sont accompagnés d’indications concernant l’activation de l’œuvre. Ainsi, le Monument to Evel Knievel implique qu’un cascadeur à moto en fasse usage pour compléter par sa trajectoire le cercle ouver t par la structure. Dans certains cas, l’activation implique une transformation durable de l’œuvre. Un tireur perçant des cibles libérera l’eau qu’elles retiennent et qui viendra lier le plâtre qui constitue le reste de l’œuvre. Enfin, ces propositions vont s’intéresser de plus en plus aux lieux de l’art, galeries ou musées. Oppenheim fait alors souvent preuve d’humour, voire de férocité en mettant le visiteur en situation inconfortable : dans une galerie, on imagine qu’il doive traverser un couloir sombre par les ouvertures duquel des arbalètes le tiennent en joue. Autour du musée de Boston, l’ar tiste suggère aussi l’installation d’un périptère par ticulier dont les colonnes sont remplacées par des chiens de garde qui empêchent tout accès au bâtiment.

Le Mamco expose régulièrement huit maquet tes des Proposals. L’usage de la maquet te, comme celui du papier d’architecture, contribue à donner à ces œuvres une connotation technique, tel un ouvrage du génie civil, que dément l’apparente facilité avec laquelle sont tracés les plans. Les maquettes et les plans se complètent et s’éclairent mutuellement. Ceux-là éclairent le contexte dans lequel celles-ci s’insèrent. Mais de plus, dès lors que l’artiste traduit certains dessins en objets tridimensionnels, il n’est plus possible de les interpréter comme de simples croquis d’idées, incluant parfois une dimension humoristique, mais bien comme une réflexion sur l’organisation spatiale et sur la qualité des lignes que trace l’activité humaine.


Dennis Oppenheim est né à Electric City en 1938 ; il est mort à New York en 2011.