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  Philippe Parreno 

exposition temporaire
One Thousand Pictures from One Thousand Walls, 1997-2000   

présentation des collections
Toilettes femmes  

Vincinato 2, 2000
film couleur 35 mm, son dolby stereo, 11 min.
coll. de l'artiste

Vues partielles de l'exposition



Philippe Parreno,
One Thousand Pictures from One Thousand Walls
, 1997-2000

in cycle Vivement 2002 !, troisième épisode
du 26 octobre 2000 au 21 janvier 2001

Un sapin de Noël décoré et la voix enregistrée, si identifiable, de Jean-Luc Godard : « Un arbre de Noël peut être une œuvre d’art pendant onze mois de l’année, mais le douzième mois, ce n’est plus une œuvre d’art parce que c’est Noël » (« Sans titre », Jean-Luc Godard, 1993). La parole constitue un axe majeur dans l’œuvre de Philippe Parreno : elle prend la forme de manifestations ordinaires de la protestation (« Innocent et emprisonné », 1994), de concrétisations de blagues (« Tu la connais ! », « Paf le chien », « l'Histoire du petit Corse ») qui n’ont de sens que si quelqu’un en raconte l’histoire, d’imitation de personnages (Jean-Luc Godard, Jacques Toubon), de recueil de témoignages de personnes âgées se souvenant de leur enfance. Racontant des histoires – dont il ne livre que la conclusion sous la forme d’un objet, une sorte d’« arrêt sur image », qui condense et incarne justement l’histoire – Ph. Parreno explore ce qui se trame entre la réalité et la fiction : en « gelant » l’image, il fait exister des moments furtifs empruntés à la fiction et les fait accéder au réel. Le réel, l’image et le commentaire sont appréhendés dans un même espace-temps. Une contraction du temps qui peut prendre l’apparence d’une boursouflure du commentaire, comme dans « No More Reality » (1991), une vidéo-conférence ratée portant sur les relations entre l’art et le pouvoir, de Filippo Lippi à Daniel Buren, qui fait d’abord rire, puis sourire jusqu’à, tristement, constater l’embarras dans lequel se trouve celui qui veut communiquer.


« Si l’art s’est occupé d’espace, il ne s’est curieusement jamais occupé de temps. Ce seraient donc toujours les institutions qui décideraient du temps de visibilité d’une œuvre. […] Le cinéma apprend la patience ; on doit attendre le mot FIN. Dans l’art, le mot FIN ne vient jamais », écrivait Ph. Parreno dans un texte intitulé « Facteur temps » (publié dans « Documents sur l’art », n° 6, 1994). « One Thousand Pictures Falling from One Thousand Walls » concerne l’espace et le temps. L’espace, « l’institution » le lui l’a proposé, le temps, il [le] dispose… Du parcours qu’il organise et qui met à mal les habitudes du visiteur : ce son qui lui parvient étouffé et dont il ne saisira le sens que lorsqu’il aura progressé dans sa visite, et qui continuera de tourner pour le plonger dans une ambiance imaginaire, cette étrange décoloration du sol qui laisse à penser que le soleil a longuement et délicatement laissé son empreinte alors qu'il n'y a aucune fenêtre, et ces traces de pas dans une plaque de verre qui rappellent une autre exposition (« Snow Dancing »). Le temps, c’est aussi la temporalité cyclique qui s’épuise dans la boucle d’une vidéo où il n’y a plus ni début ni fin, ou, dans celle, minutée précisément par le surgissement de la lumière, qui égraine les souvenirs d’un présent déjà éloigné.

Organisant l’exposition à partir de modèles extérieurs au strict terrain de l’art, Ph. Parreno, continue de sonder les liens entre comportement et discours et s'attache à construire des formes qui, toujours nous surprennent par la densité et la qualité de la réflexion qu'elles communiquent et qui sont, en réalité, des liens entre ce que nous prenons pour des réalités.


Philippe Parreno est né en 1964 à Oran en Algérie, il vit à Paris.