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  Steven Parrino 

exposition temporaire
Rétrospective 1977-2004   

Vues partielles de l'exposition



Steven Parrino, Rétrospective 1977-2004

in cycle Mille et trois plateaux, cinquième épisode
Condensations  /  du 22 février 2006 au 7 mai 2006

Le travail de Steven Parrino constitue, sur presque trois décennies, un lien vital avec le principe (prétenduement obsolète) de « radicalité ». Au début des années 1980, alors que la sentence publique proclamait la mort de la peinture, S. Parrino, plutôt que de se joindre aux funérailles, prit le parti de la « nécrophilie ». Entre ses mains, les techniques issues de l’appropriation se firent délictueuses, un moyen pour lui d’incarner de manière convulsive l’effondrement historique du récit des avant-gardes. Non pour projeter une image distancée de cet échec idéologique, mais pour façonner une matérialisation visuelle brute de ses effets. Ni nostalgiques ni cyniques, ses peintures monochromes froissées, ses films et performances, ses photocollages et travaux sur papier réalisés avec des matériaux aussi chargés de sens que peuvent l’être l’émail industriel, le sang ou les paillettes, procèdent plus des peintures noires de Frank Stella et de son credo « ce que vous voyez est ce que vous voyez » que de toute tradition post-pop de critique culturelle. Et encore, précisons, pas de n’importe quels tableaux noirs de Stella, mais plus spécifiquement de « Arbeit macht frei » (1958) et « Die Fahne Hoch » (1959). Aux yeux de S. Parrino, ces toiles n’étaient pas « noires » pour rien…

Au noir de Stella, il faut encore ajouter l’argent des tableaux de désastre de Warhol (1963). Tout comme les toiles monochromes froissées de l’artiste, qui évoquent la carrosserie d’une voiture après un accident, les dessins « figuratifs » de S. Parrino s’appropriant des images issues de sous-cultures 'biker', 'no-wave' et punk, de la bande dessinée ou de manchettes de tabloïds, sont autant de « signes évidents d’une violence servie à froid » (Robert Nickas). Contrairement aux œuvres de ses homologues californiens (comme par exemple Mike Kelley, Jim Shaw ou Raymond Pettibon), celles de S. Parrino ne dévoilent pas tant les pulsions et les mythes enfouis de l’Amérique, qu’elles n’en épousent la surface infiniment plastique – « non-sites » volontairement bêtes, glamour et sans rappel des idéaux de la contre-culture.

« La radicalité vient du contexte et pas nécessairement de la forme, écrit S. Parrino. Les formes sont radicales dans la mémoire, en perpétuant ce qui fut radical autrefois par l’extension de leur histoire. L’avant-garde laisse un sillage et, mue par une force  maniériste, elle poursuit son avance. Même dans la fuite, nous regardons par-dessus notre épaule et approchons l’art par intuition plutôt que par stratégie. Vu sous cet angle, l’art est plus culte que culture. »

Fabrice Stroun


Steven Parrino est né en 1958 à New York, il est décédé en 2005.