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  Présence Panchounette 

exposition temporaire
L'Avant-garde est la doyenne de l'humanité   

Bas relief, 1882-1988-2009
lamifié et bas nylon ; 120 x 30 cm.
coll. Frédéric Roux
La colère, 1883-1988
photographie, escabeau et pots de moutarde

L’Affamé, 1884 -1988 -2009
sculpture en pain
coll. Frédéric Roux
 




Présence Panchounette,
L'Avant-garde est la doyenne de l'humanité

in cycle rolywholyover, septième et dernier épisode
JEFFMUTE / du 25 février au 24 mai 2009

Collectif créé à Bordeaux en 1969 et dissout en 1990, Présence Panchounette (composé de Christian Baillet, Pierre Cocrelle, Didier Dumay, Michel Ferrière, Jean-Yves Gros, Frédéric Roux et Jacques Soulillou) a occupé la scène artistique pendant toute cette période avec des gestes provocateurs, contestataires et humoristiques sur lesquels la séparation entre l’art et le non-art, le beau et le laid, le kitch et l’avant-garde n’a plus aucune prise. Explorateurs des marges et virtuoses des contre-pieds, les artistes du groupe ont toujours opéré en dehors de l’opinion historique et esthétique dominante, celle notamment du modernisme et de sa vision rigoriste et évolutionniste de l’histoire des œuvres. Au contraire, avec Présence Panchounette l’art devient un fourre-tout soumis par conséquent à aucune hiérarchie, un tohu-bohu esthétique constitué par de faux idiots et de vrais regards perspicaces. Àl’automne 1988, participant à la Foire internationale d’art contemporain de Paris sur le stand de la Galerie de Paris dirigée par Éric Fabre, le groupe se propose de refaire, la plupart du temps à partir de la seule indication de leurs titres, des œuvres inventées à la fin du XIXe siècle par les artistes incohérents alors pratiquement inconnus des historiens (même si l’on compte parmi eux Toulouse-Lautrec, Émile Cohl, inventeur en 1908 du premier dessin animé, et Alphonse Allais). Apparus entre 1882 et 1893, les arts incohérents ont élevé la blague, la dérision et le mélange des genres au rang d’une activité à part entière concevant des sculptures en fromage, des aquarelles à l’eau de Seltz, des tableaux avec du pain, des petits pois ou du tabac. Dans ces œuvres que Félix Fénéon qualifiait de « follement hybrides » un regard actuel décèle aisément et rétrospectivement une somme de gestes et d’attitudes que les avant-gardes historiques qui leur sont postérieures (dadaïsme, surréalisme, Fluxus...) ont délibérément intégré à la sphère de la pratique artistique et de son histoire. En hommage à ces artistes d’un nouveau genre, mais un hommage dans lequel la parodie et le pastiche tiennent lieu de règle générale, Présence Panchounette a donc conçu en 1988 une quinzaine de pièces « incohérentes » tour à tour absurdes, loufoques, franchement rigolotes qui témoignent que la légèreté n’est en aucune manière synonyme de manque de profondeur. La totalité de ces œuvres est montrée au Mamco. On peut ainsi vérifier à quel point le calembour, la blague potache et les associations verbales et visuelles les plus saugrenues sont ici sollicités. Ainsi et par exemple la Vénus de mille eaux créée par les incohérents en 1889, revisitation loufoque de la célèbre Vénus de Milo, icône du musée du Louvre, dont le collectif propose près d’un siècle plus tard une version minérale. Consternation, provocation, jubilation autant de termes qui ouvrent une liste potentiellement illimitée de mots aptes à qualifier une entreprise pour laquelle il s’agit aussi de réussir quelque chose sans avoir (presque) rien à faire.