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  Philippe Ramette 

exposition temporaire
Gardons nos illusions   

présentation des collections
Toilettes hommes  


Paresse irrationnelle, 2003
Photographie couleur ; 150 x 120 cm
Photo : Marc Domage
Courtesy Galerie Xippas

L’ombre (de moi-même), 2007
Installation lumineuse, technique mixte
Vue de l’exposition au Domaine Départemental de Chamarande, 2007.
Photo : Marc Domage
Courtesy Galerie Xippas

Objet à voir le monde en détail (utilisation), 1989-2004
Photographie couleur ; 150 x 120 cm
Photo : Olivier Antoine
Courtesy Galerie Xippas



Philippe Ramette, Gardons nos illusions

in cycle rolywholyover, cinquième épisode
cycloptically  /  du 25 juin au 21 septembre 2008

« Gardons nos illusions » résonne a priori comme un appel un peu naïf à maintenir un état d’esprit optimiste, à ménager une place à l’imaginaire, aux rêves et aux idées. Il ne s’agit pas pour autant de refuser la réalité mais de faire en sorte qu’elle puisse être autre. Le titre de l’exposition sert avantageusement de cadre à une part importante de l’oeuvre de Philippe Ramette, présenté à travers différentes thématiques tels que les prothèses, la dictature, la manipulation, la foudre ou la paresse. Ainsi, la « salle des prothèses » regroupe des objets qui n’ont pas pour unique fonction d’accroître les facultés physiques, mais aussi d’élargir le champ des possibles. Tel est le cas de Socle à réflexion ou Point de vue portable individuel ; ces prothèses permettent de s’élever physiquement et par ce léger déplacement, elles pourraient corriger la manière de considérer une question ou modifier une opinion. Éloge de la paresse regroupe plusieurs objets ou situations qui ont pour fonction d’alléger l’homme de ses habitudes et préoccupations, et de transformer ce comportement moralement suspect en une plage de temps vouée à la réflexion et à la contemplation désintéressée. Il ne faut pourtant pas réduire le travail de Ph. Ramette à un angélisme béat. Certaines de ses sculptures s’apparentent plus à des objets de pénitence comme l’Espace à culpabilité qui met l’utilisateur au piquet, ou encore à des instruments de coercition comme l’Espace à manipulation ou la Potence préventive pour dictateur potentiel. Malgré la gravité apparente du sujet évoqué, Ph. Ramette représente toujours la situation avec humour et un sens certain de l’absurde. Ses sculptures sont toujours intégrées à un scénario ; elles sont le point de départ d’un récit, d’une fable. C’est pourquoi, le choix du titre est intimement lié au processus de travail. Cet acte s’apparente à l’esquisse ou au dessin qui précède toute réalisation. Le titre, bien qu’il intègre l’humour, les références littéraires et les jeux de mots, est donc moins adopté pour satisfaire une fonction poétique qui prolongerait l’oeuvre, mais plutôt comme un énoncé technique et descriptif qui précède la production. Il permet aussi de qualifier la fonctionnalité de l’objet qui s’accomplit en général avec la présence d’un corps, principalement celui de l’artiste.

Le travail photographique apparaît dès lors comme le prolongement logique de la pratique de la sculpture, puisqu’il permet de montrer son usage dans des conditions idéales. C’est pourquoi, la réalisation des photographies passe par une véritable mise en situation, voire une mise à l’épreuve. Dans ce travail, le rôle de l’artiste est proche de celui des inventeurs du début du 20e siècle qui étaient les premiers usagers de leurs machines. Ph. Ramette avec sa silhouette de dandy keatonien semble aussi jouer de cette image de génial bricoleur. Cette figure à la fois sympatique et pathétique est née avec le cinéma burlesque et c’est peut-être par contamination que les tentatives et échecs des premiers inventeurs ont été perçus comme des spectacles comiques. Mais peut-être que la proposition principale du travail de Ph. Ramette consisterait en une « promenade irrationnelle » équipé de l’« objet à se voir regarder » pour permettre ainsi à l’art de devenir ce miroir tendu au spectateur qui révèle à lui-même celui qui le regarde.


Philippe Ramette est né en 1961 à Auxerre, il vit à Paris.