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  Christian Robert-Tissot 

exposition temporaire
Wall Street   

présentation des collections / archives
Nord 2  

Sans titre, 2007
acrylique sur toile ; 340 x 280 cm
coll. de l’artiste

Vue partielle de l'exposition

Sans titre, 2007
acrylique sur toile ; 200 x 260 cm
coll. de l’artiste



Christian Robert-Tissot, Wall Street

in cycle rolywholyover, premier épisode
onamatterpoetic  /  du 21 février au 6 mai 2007

En 1995, après avoir désherbé un champ dans les montagnes du Jura pour en dégager en creux et à grande échelle le signe du recyclage, Christian Robert-Tissot réalisait que son « travail n’était pas lié à une technique spécifique mais qu’il était plutôt composé d’un ensemble de moyens multiples et convergents ». Dans la même veine, peu après cette première expérience, il installera Perdu de vue, des grandes lettres découpées, telle une enseigne sur le toit d’un bâtiment qui jouxte le Mamco, durant son exposition en 1996. Dès lors, sans pour autant délaisser le territoire de ses premiers travaux, une toile tendue sur châssis, il investiguera tous les supports qui peuvent matérialiser le plus familier et immatériel des « instruments » humains : le langage. Car c’est toujours aux signes linguistiques, qui forment le point focal de son travail, que s’intéresse C. Robert-Tissot. Il en joue, littéralement, dans tous les sens du mot, sans toutefois filer fleurette à l’art conceptuel. C. Robert-Tissot confère aux mots, au vocabulaire populaire, aux vocables particulièrement spécifiques au milieu de l’art, aux expressions stéréotypées et si « tendance » qu’elles nous viennent aux lèvres sans avoir eu le temps d’être tempérées par la réflexion, une densité plastique – parce qu’ils sont peints et mis en forme – une capacité insoupçonnée de réappropriation par le lecteur. Parfois la poésie pure du langage l’emporte, d’autres fois il se laisse gagner par l’enchevêtrement des représentations mentales, d’autres fois encore le jeu l’engage à poursuivre quelque plaisante dérive langagière, tant qu’il ne l’arrête pas au revers d’une réalité qu’il n’avait jusque-là pas pleinement mesurée.

C. Robert-Tissot puise dans une tour de Babel qui ose convoquer la multiplicité. On ne se risquerait à l’imaginer avant l’ère de l’ordinateur… remplissant des carnets (ils auraient pu être bleus) de mots entendus quotidiennement, de phrases à double sens, de qualificatifs déterminants et d’expressions à la mode. Et d’autres (rouges, ceux-là) couverts de multiples graphies, de polices de caractère qui parcourent tout l’échiquier typographique, des sévères caractères bâtons à ceux qui s’émoustillent de courbes et de découpes sauvages, en passant par la sobriété de ceux qui prennent l’apparence du « moderne ». Car l’ouverture à des possibilités illimitées de lecture tient à la convergence réussie de la maîtrise graphique, du travail de la représentation, des jeux des signes et des références.


C. Robert-Tissot revient au Mamco avec un ensemble de pièces conçues pour occuper l’espace de La Rue. Wall Street, le titre de son exposition, lance immédiatement le plaisir du jeu langagier des références : le lieu de la finance effrénée (qui a su souverainement s’emparer de l’art) et ces murs de l’espace du Mamco où sont présentées les œuvres. L’installation accompagne et libère la densité énergétique des grands formats. Les couleurs vibrent, grincent ou s’harmonisent dans une partie de l’espace, les mots jaillissent de la toile, se délectent de leur forme ou s’ingénient à importuner la vue. À cet assaut expressif, répond la blancheur muette du couloir où s’illumine le blanc glacial néon d’Amateur et le renflement sournois du mur qui s’épanche dans un soupir silencieux.


Christian Robert-Tissot est né en 1960 à Genève où il vit.
www.chrt.ch