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Anges inséparables — La Maison éphémère pour Walter Benjamin, 2000.
 

Esther Shalev-Gerz,
Anges inséparables — La Maison éphémère
pour Walter Benjamin
, 2000

in Récit d’un temps court
du 21 mai au 4 septembre 2016


Anges inséparables — la maison éphémère pour Walter Benjamin est une constellation regroupant des objets, une œuvre antérieure et des textes qui s'en sont inspirés, pour créer une nouvelle rencontre où expériences personnelles et factuelles deviennent inséparables.

Esther Shalev-Gerz élabore et installe pour la première fois cette maison éphémère pour le philosophe Walter Benjamin au faîte de l'université du Bauhaus, dans la ville allemande de Weimar. C'est à Weimar, à l'héritage culturel et historique complexe, que résidèrent et travaillèrent Schiller et Goethe. Cette ville accueillit l'Assemblée nationale tout au long de la République. Quelques kilomètres plus loin se trouvent les camps de concentration de Buchenwald et de Mittelbau-Dora.

L'installation La maison éphémère pour Walter Benjamin est habitée par quatre pièces qui déploient des mouvements dans le temps et la matière. Les Inséparables est une double horloge à deux cadrans conjoints dont les quatre aiguilles tournent simultanément en sens opposés. Cette duplication produit un mouvement perpétuel : le temps va à la fois vers le futur et vers le passé, tout en devenant inséparable dans le présent. La double horloge Les Inséparables est installée en Suède de manière permanente, cette fois dans un format monumental ; elle l’est également aujourd’hui à Genève.

On retrouve ce dispositif dans une chaise double où les deux personnes qui s’assoient doivent s’adosser l'une contre l'autre, tout en regardant dans des directions opposées. Une série de photographies et une vidéo montrent un trajet en taxi de Weimar à Buchenwald ; les commentaires du chauffeur peuplent les paysages alentours de réalités du passé. A chaque fois qu’il évoque une réalité disparue, l'image vacille, ralentit  et se dédouble. Dans ces instants dilatés on entend des textes qui témoignent du potentiel interprétatif infini d'une œuvre d'art, parmi lesquels figurent des citations de Franz Kafka, Heiner Müller, Gershom Scholem, Paul Klee et Walter Benjamin — toutes inspirées de la relation unissant Benjamin à l'œuvre de Paul Klee, Angelus Novus.



Esther Shalev-Gerz est née à Vilnius (Lituanie) en 1948, vit à Paris.