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  Jim Shaw 

expositions temporaires
Thrift Store Paintings [tableaux de brocante],
1974-2000  
Everything Must Go !, 1974-1999
Rétrospective   

Vues partielles de l'exposition



Jim Shaw, Everything Must Go !, 1974-1999
Rétrospective

in cycle Vivement 2002 !, premier épisode
du 2 février 2000 au 30 avril 2000

Apparu quelque peu en retrait de la scène néo-conceptuelle californienne des années 80, le travail de Jim Shaw participe à l’élaboration des enjeux majeurs de sa génération – critique du statut de l’auteur et négociation de la perte conséquente de l’aura de l’œuvre, renvoi du spectateur à sa condition malaisée d’arbitre idéologique au sein d’un champ sémantique impur. La grande singularité de sa démarche tient dans la mise en place de dispositifs narratifs appelant ouvertement l’observateur à prendre part à l’élaboration de fictions.

Ainsi, « My Mirage » (1986-1991), une série de près de 170 pièces faisant état des errances de Billy, un Américain de classe moyenne noyé dans le tourbillon des années 60 et 70. Enfant anxieux de comprendre le monde, Billy se soustrait aux spasmes de l'adolescence pour se perdre dans l'utopie du psychédélisme. Au cœur de l’hallucination, il suit dans une secte païenne une femme qu'il vénère, avant de réintégrer la foi de sa jeunesse et de « renaître » comme Nouveau Chrétien. Chacune des pièces de la série est dessinée, photographiée, filmée ou peinte dans un style différent et s'approprie une image prélevée dans un champ iconographique vaste, allant de l'illustration pour enfants à l'art contemporain, en passant par la bande dessinée ou le graphisme de la contre-culture californienne. L'image qui sert de source à chacune des œuvres est littéralement reconfigurée à l’effigie de Billy selon les logiques narratives et stylistiques propres aux iconographies employées. Les œuvres de « My Mirage » apparaissent donc comme autant de catalyseurs des projections mentales d'un personnage dont l'identité devient problématique au fur et à mesure qu'elle s'énonce. Le récit ne peut donc manquer d'être un mirage, d'apparaître et de disparaître selon la distance de l'observateur. La mise au point, ici, est conceptuelle plutôt que physique et dépend de la manière dont on considère les images de J. Shaw : agrégat de sources hétérogènes, moments d'une histoire personnelle ou fragments d'une histoire collective. La totalité est toujours un leurre et suppose que l'on opère par sa « lecture » d'abord un montage et, ensuite, que l'on gère cette opération simultanément sur les différentes strates de l'œuvre.

Il en va de même pour « Dream », une série commencée en 1992 : J. Shaw retranscrit ses rêves en une page de bande dessinée, (« Dream Drawings »), puis il fabrique les nombreux objets rencontrés dans ces mêmes rêves (« Dream Objects »). Suivant une logique onirique faite d’associations libres, ces objets prennent des formes diverses : œuvres qu’il aurait lui-même réalisées, celles d’autres artistes contemporains, tableaux d’amateurs, mobilier, reliques de collections en tout genre, etc. Le plus souvent, les « Dream Objects » s’apparentent simultanément à plusieurs de ces catégories. Si l’activité onirique était supposée chez les surréalistes réveiller un inconscient collectif révolutionnaire, capable de créer des formes nouvelles, le rêve n’est chez J. Shaw qu’une manière de soumettre sa production artistique au traitement d’abâtardissement naturel des objets de notre quotidien, et de l’inscrire au sein d’un réseau de significations qui ne cesse d’affaiblir l’autorité de sa différence symbolique.

Cette première rétrospective de J. Shaw inclut également les « Thrift Store Paintings », sa collection de tableaux d’amateurs ainsi que de très nombreuses autres séries.


Jim Shaw est né en 1952 à Midland, il vit à Los Angeles.