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  Bert Theis 

expositions temporaires
Agglomérations  
Isola (Art) Project Milano  

présentation des collections / archives
Modèles modèles   

Drifters, 2006
bancs
coll. Musée d'art moderne Grand-Duc Jean,
Mudam, Luxembourg
Aggloville (Paris), 2007
digital print on canvas ; 600 x 400 cm
coll. de l’artiste

Le dita della mano, 1998
maquette
coll. de l’artiste

Bureau out, 2007


Bert Theis, Agglomérations

in cycle rolywholyover, deuxième épisode
a collideorscape  /  du 6 juin 2007 au 9 septembre 2007

La cité comme modelage

Bert Theis décrit parfois son travail comme une « plastique politique ». Cette expression fait implicitement référence à la définition de l’homme comme « Soziale Plastik » par Joseph Beuys. Et c’est bien dans l’horizon d’un projet de « démocratie directe » qu’il convient de placer l’ensemble de l’activité de cet artiste. Mais ce projet ne se situe pas dans la suite des utopies révolutionnaires modernes. Au contraire, à l’instar des « zones d’autonomies temporaires » (T.A.Z.) théorisées par Hakim Bey, la plupart des interventions de B. Theis se circonscrivent dans la réversibilité de l’ici et maintenant. Elles créent des situations, plus ou moins durables, qui reposent sur l’usage et l’interaction des acteurs auxquels elles sont destinées.

On se souvient de sa « Plate-forme philosophique » lors du « Skulptur. Projekte in Münster » de 1997. Installé derrière le château, dans le jardin botanique, ce podium de planches peintes en blanc était vite devenu le point de rencontre des visiteurs et des habitants de la ville. Esthétiquement référencé au minimalisme, ce plateau aux formes simples était en fait tout le contraire d’un « objet spécifique » à considérer selon l’ensemble de ses qualités négatives (ni sculpture ni peinture ni readymade, ni beau ni laid, etc.). Il se proposait à l’usage des passants sans rien prédéterminer de cet usage. Une plate-forme exposant plus sa disponibilité que sa propre forme. Un espace disposé pour la « philosophie », c’est-à-dire déjà pour la pause, le retrait réconciliateur, la réflexion, l’échappée imaginaire, l’échange informel ou le dialogue construit, mais aussi le jeu ou même la danse (un club de tango y tenait ses séances).

On voit que les œuvres de B. Theis ne sauraient exister sans la présence vivante des personnes qui en font l’emploi qu’elles leur inspirent. C’est un art modeste qui n’exalte que son usager occasionnel, mettant en exergue la libre et gratuite disposition de soi, dans le suspens du flux des contraintes liées à l’existence aliénée contemporaine. Ce n’est pas parce qu’il conçoit souvent des bancs de diverses formes et tailles (mais toujours réalisés avec ces planches peintes en blanc qui en font la marque de fabrique élémentaire), que l’artiste se mesure aux « designers ». Son mobilier propose et énonce le commun. Il n’esthétise pas la vie matérielle, il matérialise et emblématise des conditions de possibilité de la « vraie vie ». Ce n’est pas en embellissant le décor que l’on critique le spectacle et combat la séparation.

L’exposition « Agglomérations » présente aussi bien des exemples de ces bancs que des maquettes des autres types d’intervention de B. Theis dans divers espaces publics ou artistiques, mais encore des vidéos qui témoignent de leur capacité à recréer du lien social. La ville, qui est désormais notre « Umwelt » essentiel, est également notre enfer dénaturé. Des photomontages nous la montre envahie par la jungle. Ainsi l’artiste retourne-t-il la métaphore moderne de la jungle des villes. L’art comme « plastique politique » vise à susciter des situations individuelles et collectives susceptibles de rendre plus vivables la vie et la ville d’aujourd’hui. C’est pourquoi cette exposition rend aussi compte de l’évolution récente et, hélas, inquiétante de la plate-forme collective à l’échelle d’un quartier que constitue « Isola (Art) Project Milano » dont le Mamco avait témoigné durant l’été 2003.


Bert Theis est né en 1952 au Luxembourg, il vit à Milan.