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  Bernar Venet 

expositions temporaires
Équations / Figures, 2000  
Espace miroir noir, 1963 (1999) et œuvres noires, 1961-1963  

présentation des collections
L’Appartement    

présentation des collections / archives
Espace miroir noir, 1963-2006  

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"The homology sequence of a Triple as exact"
, 2000
peinture murale ; dimensions variables
coll. de l'artiste 

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"The visualisation of the covariant volume integral"
, 2000
peinture murale ; dimensions variables
coll. de l'artiste 




Bernar Venet, Équations / Figures, 2000

in cycle Vivement 2002 !, troisième épisode
du 26 octobre 2000 au 21 janvier 2001

En quoi une formule mathématique est-elle de l’art ? C’est drastiquement résumée, la question que posent les « équations » de Bernar Venet.

Le premier élément de réponse se trouve dans le développement même du travail de B. Venet. L’évolution qui le conduit à abandonner la peinture au début des années soixante et à aborder de plain-pied l’art conceptuel avec les fameux « blow-up » (1967), se traduit par un programme dont B. Venet avait dès l’origine établi la teneur et la logiqu  : en trois ans, il devait couvrir un champ du savoir qui allait de l’astrophysique et de la physique nucléaire à la logique mathématique – le plus formalisé de ces savoirs. Parvenu au terme de ce programme, il suspend toute activité artistique pendant six ans. Une suspension qu'il définit comme un moment de « conversion du regard », pendant lequel il privilégie « la réflexion au détriment de la production » et qui lui permet « d'utiliser ses propres œuvres comme objet d'investigation ».

À partir de 1976, B. Venet, qui revient officiellement à la pratique artistique, opère une relecture de son travail antérieur. C’est l’époque des « Angles » et des « Arcs ». L'expression mathématique est alors mise en relation avec un objet qui le représente aussi objectivement que possible comme si l'élément plastique et le mathématique se reflétaient exactement et se refermaient sur l'idée d'un espace purifié, parfaitement transparent. La dimension monumentale des sculptures qu’il réalise les années suivantes, ainsi que leurs matériaux – souvent de l'acier brut qui est directement issu du laminoir et qui s'impose par une présence extrêmement physique, voire quasi expressionniste – ont contribué à faire oublier quelque peu que ces pièces répondaient toujours à une problématique mathématique ou géométrique. Cela concerne aussi les « Lignes indéterminées » (les premières datent de 1979) dont il dit que si elles n’étaient pas « déterminées mathématiquement », elles découlaient pourtant bien d'une réflexion sur les « lignes » précédentes qui, elles, dépendaient strictement d’un référent mathématique. Il s'agissait donc, comme pour les « Aléatoires », d'un moment dialectique où la forme plastique se mesurait – fût-ce négativement – à l'idée d'un code transparent dont les mathématiques sont le modèle le plus évident.

De ce point de vue, les « Équations / Figures » correspondraient bien à la réaffirmation d’une vision objective, transparente, de l'expérience esthétique. Mais il est évident aussi que cette vision n’élude pas toute réflexion artistique. Preuve en est la façon dont ces « équations » sont exposées. Peintes à même le mur, elles s’approprient la globalité de l’espace, lequel est restructuré au moyen de couleurs qui conditionnent violemment la perception dans la mesure où elles sont très éloignées du support neutre (le blanc du papier) sur lequel on s’attendrait à déchiffrer ces formules. Par rapport aux « blow-up » qui renvoyaient toujours à l’espace du tableau, B. Venet fait ici la démonstration d’une recontextualisation de son travail qui tient compte des diverses tentatives d’excéder les limites du tableau et de projeter la peinture dans son environnement – une question à laquelle il avait déjà apporté une réponse avec la « Salle noire », installée depuis deux ans au Mamco. Mais le traitement auxquelles sont soumises les « équations » est lui-même révélateur de ces enjeux esthétiques. Démesurément agrandies, elles acquièrent une dimension où le spectaculaire et l’élégance formelle des signes semblent autant compter que leur transparence dans l’établissement d’une nouvelle forme de picturalité.


Bernar Venet est né en 1941 au Château Arnoux Saint-Auban, Alpes-de-Haute-Provence, il vit à New York et au Muy.
www.bernarvenet.com