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  Franz Erhard Walther 

expositions temporaires
Plans  
9/35
De l'origine de la sculpture, 1958-2009
« Le corps à l’œuvre »  
« La déconstruction du tableau »  
« Dessiner »  

présentations des collections / archives
en 2016  
Werklager, 1961-1972  

W2
W3

Das Neue Alphabet — Form J, 1994
Das Neue Alphabet — Form Q, 1994
Das Neue Alphabet — Form Z, 1991
Coll. de l’artiste, court. Galerie Jocelyn Wolf, paris

Handlungsbahnen — Zeichnungen, 2002-2005
1 dessin sur 56
Coll. de l’artiste

Sternenstaub, 2007-2009
(vue de l’exposition au Mamco)
Ensemble de 525 dessins encadrés, crayon de papier et aquarelle sur papier
Court. Galerie Jocelyn Wolff, Paris





Franz Erhard Walther,
De l'origine de la sculpture, 1958-2009

in cycle Futur antérieur, séquence d'hiver 2010
Dans le leurre du seuil  /  du 17 février 2010 au 2 mai 2010

Dessiner

La pratique du dessin est fondamentale dans le travail de Franz Erhard Walther et cela avant même le début de son œuvre (1958), lorsqu’il était encore étudiant en Allemagne à l’École d’arts appliqués d’Offenbach. Elle intervient à tous les stades de la création soit pour décrire des œuvres, les désigner et leur donner une apparence, leur donner un contour, soit pour les mettre au point, conditionnant la genèse de travaux qui, tel son Nouvel Alphabet, existent pleinement dans et pour l’espace. 

Car dessiner est une pratique quasi quotidienne et structurante chez F. E. Walther. Elle est un système de notation qui fonctionne dans une dimension hautement cumulative. En ce sens l’artiste réalise pleinement la formule antique citée par Pline l’Ancien à partir de propos tenus par le peintre Apelle selon lesquels le créateur véritable ne doit pas laisser passer une journée sans tracer de ligne, « nulla dies sine linea ». Cette accumulation de traces obéit, dès la période des études et les premières années du travail, à un classement et à une dénomination précis. Ainsi existe-t-il les Wortzeichnungen (Dessins de mots), les Wortbilder (Images de mots), les Kritzelzeichnungen (Dessins griffonnés), mais aussi les Textzeichnungen (Dessins de textes) et les Textfelder (Champs de textes) sans oublier les Diagram-und Werkzeichnungen (Dessins diagrammatiques et Dessins de travail) dont près de 10 000 items ont été, à ce jour, répertoriés. À travers l’énoncé de ces différentes catégories de travaux graphiques apparaît immédiatement l’importance du texte et de l’écrit, l’importance de la trace comme signe dans le travail de l’artiste. En effet, comme Paul Klee pour lequel « écrire et dessiner sont identiques en leur fond », F. E. Walther considère l’écriture « seulement comme une autre forme de dessin » qui condense tout le sens et toute l’expressivité de son travail car « sans l’utilisation du langage et de l’écriture, je ressentirais mon art comme quelque chose d’absolument muet ». Ainsi certains de ces dessins ont-ils donné naissance à des Wortwerke (Œuvres de mots) et à des Wortformationen (Formations de mots) qui existent en référence à l’architecture. Ce sont donc bien le dessin comme écriture et l’écriture en tant que dessin qui s’affirment comme les véritables ferments de cet art. Ce lien se vérifie alors même que F. E. Walther est étudiant à l’École d’arts appliqués d’Offenbach, époque pendant laquelle il réalise ses Wortbilder (été 1957-automne 1958), 200 gouaches sur lesquelles ne sont visibles que des lettres ou des mots. Ces « mots-images » cherchent et inventent une nouvelle typographie, ils sont attentifs à produire un nouveau langage dans lequel le visible et le lisible, réconciliés, seraient, aux yeux du spectateur-lecteur, également actifs. Montré au Mamco dans son intégralité, Le Nouvel Alphabet (1990-1996) rassemble un ensemble de dispositifs picturaux et sculpturaux qui sont un prolongement spatial des lettres et des mots dessinés à la fin des années 1950. Il se compose de vingt-six éléments en tissu qui représentent les lettres de l’alphabet. Ceux-ci sont accrochés sur un mur ou disposés au sol sans respecter l’ordre alphabétique et les signes qu’ils décrivent ne sont pas forcément tous immédiatement lisibles. À la manière de Rimbaud attribuant une couleur différente à chaque voyelle, les lettres volumineuses imaginées par F. E. Walther puis construites par une couturière sont toutes faites en coton teinté (rouge, orange, marron, beige, jaune, vert…). Elles peuvent être montrées comme de purs et simples objets (tableaux sur un mur ou sculpture au sol) mais aussi dépliées et utilisées par l’artiste. Par exemple les tiges qui constituent le centre de la lettre Z sont démontables. Elles deviennent des bâtons qui accompagnent et induisent un certain nombre de gestes et d’attitudes. Comme dans beaucoup de dispositifs créés par F. E. Walther, le sens de l’œuvre dépend alors de l’implication corporelle du sujet agissant qui donne à l’existence de ce signe une résonance spatiale, physique, temporelle c’est-à-dire processuelle. Tout se passe alors comme si l’objectif de cette série de vingt-six lettres était d’être incorporée au spectateur-acteur, comme si le langage (tout à la fois dessin, écriture, sculpture, peinture) était destiné à s’incarner. On aura donc compris que dans le Nouvel Alphabet résonnent l’ensemble des disciplines, des techniques et des procédures explorées par F. E. Walther. C’est la raison pour laquelle il est, au sens étymologique de ce terme, une œuvre cruciale.


Franz Erhard Walther est né en 1939 à Fulda (Allemagne) où il vit.