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  Moo Chew Wong

exposition temporaire
Copie non conforme  

Moo Chew Wong_1
Moo Chew Wong_2
Vue partielle de l'exposition

Moo Chew Wong, d’après Jim Shaw, Everything must go, 2001
Coll. Mamco, don de l’artiste, © 2011, ProLitteris, Zürich
 


Moo Chew Wong, Copie non conforme

in cycle L’Éternel Détour, séquence automne-hiver 2011-2012
du 19 octobre 2011 au 15 janvier 2012

Si la figure falote du copiste, blouse grise, palette huileuse, chevalet tacheté, planté devant un chef-d’œuvre dans un musée d’art ancien, nous est bien familière, il en va tout autrement de la silhouette dynamique d’un peintre penché sur une toile posée à même le sol et traçant allègrement dans la matière colorée les formes de l’œuvre contemporaine qui lui fait face. Qu’il s’agisse d’une grille en tubes fluorescents de Dan Flavin, d’une Alfa Romeo accidentée de Bertrand Lavier ou d’un autoportrait de Martin Kippenberger, les copies réalisées au fil du temps par Moo Chew Wong au Mamco sont tout sauf conformesà leurs modèles.

Comme les chroniques parlent autant des chroniqueurs que des événements, les peintures de Wong traitent autant du vitalisme de l’expressivité picturale que des œuvres auxquelles elles consacrent leur exercice cannibale d’admiration. Il en résulte une archive paradoxale, subjective et erratique, des expositions du Mamco, un miroir déformant de ses choix, une mémoire énergumène et inappropriée de ses paradigmes éphémères.

Moo-Chew Wong est-il anachronique ? Il est âgé, il fait de la peinture, de la peinture à l’huile, des tableaux figuratifs, peints sur le motif, couleurs brutales où le noir abonde, travaillées en pâte, brosses et spatules, très vite faits, parfois presque indéchiffrables, toujours lacunaires, séances intenses, course contre le temps, le déclin de la lumière ou de l’intensité de la saisie, tout cela avec l’élégance d’un sage à l’ancienne, soudain pris de frénésie, en toute jubilation, qui rejouerait les grands gestes du peintre, comme si c’était la première fois, comme s’il n’avait jamais eu d’autre atelier, d’autre lieu que l’instant.

On devra à Maître Wong d’avoir regardé le contemporain avec les lunettes faussement obsolètes de la modernité expressionniste et le sentiment d’une urgence dont ses performances fournissent la forme curieusement actuelle.


Moo Chew Wong est né en 1942 en Malaisie ; il vit à Paris.