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  Maurizio Nannucci  

présentations des collections
Art, Text, Light, Sign   
L'Appartement    
L'Escalier    
 

Maurizio Nannucci, Art, Text, Light, Sign


Les quatre néons conçus par Maurizio Nannucci pour les escaliers du Mamco sont parmi les œuvres les plus anciennes appartenant à la collection du musée et visibles dans ses murs. Ils furent installés en 1994 pour l’exposition Le musée est dans l’escalier qui précéda l’ouverture de l’institution. Ils nous proposent une vision ludique et lumineuse de l’art sans rien céder à une approche rigoureuse et conceptuelle de la forme. Une façon de concilier pur plaisir esthétique et exigence formelle.

C’est en 1967 que l’artiste italien Maurizio Nannucci a commencé à utiliser des néons de diverses couleurs pour travailler avec le langage. Proposant des signes, des mots ou des phrases en guise d’œuvres, il entreprit de composer des pièces lumineuses installées dans des contextes donnés, construisant ainsi un véritable dialogue avec l’architecture. Si l’artiste américain Dan Flavin a utilisé le néon dans le champ de l’art dès 1963, Nannucci est le premier à l’avoir fait d’une manière scripturale. Son travail avec le langage multiplie en réalité les supports et les outils d’intervention : pages écrites à la machine, cartes postales, posters, livres d’artistes, anthologies, magazines, autocollants, tampons en caoutchouc, estampes, sacs à provisions, badges, vidéos, disques et CD, autant de moyens dont l’artiste se saisit pour continuer à explorer la mise à disposition publique du signe. Les quatre pièces montrées en permanence au Mamco occupent un espace d’exposition a priori incongru : elles sont accrochées sur les murs des paliers présents dans plusieurs volées d’escaliers. On retrouve dans ce choix ce qui fait aussi la spécificité du musée : une occupation élargie de son architecture par les œuvres y compris lorsque celle-ci est souvent jugée impropre à les accueillir, comme, par exemple, les toilettes. Les mots lumineux créés par Nannucci sont les titres des pièces. Ainsi ne voit-on que l’œuvre elle-même – l’œuvre toute entière – lorsque l’on regarde chacun de ces travaux. Bien plus, nous les lisons au moment même où nous les voyons, et cette identité entre la lisibilité et l’opticalité fonde tout le travail de l’artiste : le signe est chez lui à la fois un outil sémantique et une donnée plastique. Quatre mots anglais, que nous découvrons en montant les escaliers, sont proposés à notre regard : Art, Text, Light, Sign. Les lettres de chacun de ces vocables ne sont pas alignées sur les murs mais additionnées sur un seul et même panneau. Seule la couleur du néon, unique pour chaque lettre, permet de les distinguer et de décrypter finalement le mot. En montant l’escalier, on lit le programme artistique de Nannucci : son art (Art) repose sur l’utilisation du signe (Sign) lumineux (Light) pour, bien souvent, parvenir à la composition d’un texte (Text). Ainsi cette série d’œuvres est-elle strictement réflexive : en regardant les pièces défile aussi sous nos yeux ce qui est au cœur du travail de l’artiste, son protocole. D’autres travaux de Nannucci sont présentés au Mamco soit d’une manière permanente, soit d’une manière temporaire. Par exemple une horloge visible au troisième étage : les douze chiffres du cadran sont remplacés par douze lettres qui composent la formule quasi infinito (quasiment infini). En lisant l’heure on lit aussi un texte qui indique que le déroulement du temps n’a pratiquement pas de fin (à moins que cette formule ne nous indique que le rapport entre le texte et l’image est inépuisable) : voilà une autre façon de rapprocher le visible et le lisible. Deux autres néons sont également régulièrement montrés dont un, de petite dimension, consiste en le mot corner, qui est le titre de l’œuvre, installé près du sol dans le coin d’une salle. Là aussi, le sens de l’œuvre est immanent à sa façon d’apparaître. Enfin, dans le bureau de L’Appartement, est montrée une série de photos, Scrivere su l’acqua (Écrire sur l’eau), dans laquelle l’artiste tente, avec un de ses doigts, d’utiliser la surface de l’eau comme une page d’écriture. Si le signe apparaît franchement dans les autres œuvres de Nannucci proposées aux visiteurs, ici il fait face à une invisibilité manifeste. Ainsi le travail conceptuel de l’artiste italien ne cesse-t-il jamais d’interroger les différentes modalités d’inscription du sens, que celui soit (lumineusement) flagrant ou impossible à fixer. Et dans ces œuvres, nous sommes toujours confrontés au fait de réfléchir à ce que nous comprenons de/dans ce que nous voyons, ce qui est une des fonctions essentielles de l’art.


Maurizio Nannuci est né en 1939 à Florence, où il vit.