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Renée Levi, Pera, 2000
(détail)

 
Joseph Masheck
Le Paradigme du tapis.
Prolégomènes critiques à une théorie de la planéité


2011, 96 pages, 17 x 24 cm.
ISBN : 978-2-94015-945-1 ; 19 CHF / 15 euros.


Publié en deux livraisons à l’automne 1976 dans la revue Arts Magazine, Le Paradigme du tapis est un essai qui, outre-Atlantique, valut d’emblée à son auteur reconnaissance et estime. L’intérêt primordial de ce texte, ici traduit pour la première fois en français, est de proposer une analyse profondément originale de la planéité, cette notion dont le modernisme — celui défendu par le critique américain Clement Greenberg, notamment — aura fait la pierre angulaire de sa vision de l’histoire de l’art (de la peinture ou plus précisément du tableau). Mais Joseph Masheck ne se satisfait pas, à juste titre, du dogmatisme de Greenberg et de son idéalisme déguisé. Entreprenant une révision de ses positions, traversant l’histoire du haut modernisme et de ses prémices (Maurice Denis, les Nabis, Matisse, le cubisme) à travers une forme — le tapis — qui en devient un outil d’examen critique, il éclaire d’une manière stimulante les ressorts du nouveau regard qui aura conditionné la naissance des avant-gardes. Ce faisant, il aboutit à un tour de force inacceptable pour Greenberg et ses héritiers : réconcilier la dimension décorative du tapis, de la peinture et de l’art en général, et la planéité inhérente à l’invention de la modernité picturale. Mais ce texte ouvre aussi un programme théorique ambitieux et plus que jamais nécessaire. Car Le Paradigme du tapis est un chapitre supplémentaire à ajouter à une histoire matérielle — et matérialiste — de l’art qui reste finalement à écrire. Il montre également combien un certain formalisme demeure probablement indépassable dans l’approche des œuvres, à condition de le réenfanter. En ce sens ce livre est, aujourd’hui encore, chargé d’avenir.