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31 mai — 10 septembre 2017

General Idea, Photographs (1969-1982)


Formé par AA Bronson (né en 1946), Jorge Zontal (1944-1994) et Felix Partz (1945-1994), le collectif canadien General Idea a produit l’une des œuvres les plus marquantes des années 1970-1980. Avec un sens aigu de l’ironie, prenant à revers le glamour des images populaires, l’idéologie des médias de masse et les poncifs véhiculés par le monde de l’art, leur travail se déploie sur une multitude de médiums. Chaque œuvre s’appréhende dans une relation d’interdépendance aux autres, comme les pièces d’un puzzle  en constante reformation.

General Idea est fondé en 1969 à Vancouver par les trois artistes, qui décident de vivre et travailler ensemble. Lecteurs attentifs des théories de la communication de Marshall McLuhan et des Mythologies de Roland Barthes, ils organisent en 1970 un concours de beauté pour élire Miss General Idea : une figure mythique aux contours flous, asexuée et sans visage qui leur tiendra lieu de muse. Dès l’année suivante, le groupe s’engage pour treize ans dans une vaste fiction, The 1984 Miss General Idea Pavilion. Derrière ce « projet » qui évoque les expositions universelles, se met en place une étrange fiction qui accueille toutes sortes de formes et de manifestations.

En s’appuyant sur les archives du groupe, l’exposition du MAMCO, développée en étroite collaboration avec AA Bronson, aborde la première décennie du collectif sous l’angle spécifique de la photographie. L’exposition s’ouvre sur leurs premières expérimentations, qu’il s’agisse des projets réunis dans la série des Index Cards ou des performances Light On et Canvas Weaving, pièces séminales du développement de la pratique du collectif. L’esthétique de ces premiers travaux emprunte aussi bien à l’art minimal et conceptuel qu’au Land art et le visiteur familier du MAMCO peut y retrouver des résonances avec des œuvres de Dennis Oppenheim, Franz Erhard Walther ou encore Victor Burgin. Mais, au-delà de toute considération formelle, ces photographies sont également autant de documents de la vie du groupe et de son inscription dans le contexte des utopies communautaires qui marquent les années 1960 en Amérique du Nord.

Dès le concours de beauté, premier projet d’envergure de General Idea, la photographie est le médium privilégié du groupe pour se jouer des codes du glamour et alimenter leur mythologie. Selon leur principe de « form follows fiction », les œuvres produites pendant cette période renvoient systématiquement à la muse et à son pavillon, par un répertoire iconographique constitué d’accessoires vestimentaires, de miroirs, de stores vénitiens ou du motif du ziggourat.

L’exposition met également en valeur le rôle de l’édition dans la production et la diffusion de ces images. Avec un sens aigu de la mise en page, le collectif a su s’approprier différents registres de publication, de la plaquette de concours de beauté au magazine grand public. FILE Megazine s’est notamment imposé comme l’un des magazines d’artistes les plus aboutis depuis les années 1960. Présenté par General Idea comme un « parasite culturel » qui s’approprie et détourne le célèbre LIFE Magazine (la firme leur intentera d’ailleurs un procès), le périodique diffuse les manifestes et les projets du groupe, chronique la vie artistique locale et internationale, et introduit les tendances culturelles. En 26 numéros, sur une période allant de 1972 à 1989, FILE contribue à développer l’audience de General Idea au-delà du champ strictement artistique.

L’exposition est organisée par Paul Bernard, Lionel Bovier.
L’exposition de General Idea, Photographs (1969-1982) bénéficie du soutien du Laboratoire et de ReproSolution, Genève.