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31 mai — 10 septembre 2017

Swiss Pop

Vern Blosum, Sylvie Fleury, Franz Gertsch, Hans Ruedi Giger, Piero Gilardi, Alfred Hofkunst, Friedrich Kuhn, Luigi Lurati, Olivier Mosset & Andy Warhol, Meret Oppenheim, Markus Raetz, Hermann Rorschach, Dieter Roth, Daniel Spoerri, Peter Stämpfli, Jean Tinguely, Rico Weber


Swiss Pop est un tableau de Vern Blosum, peintre américain présent  dans les premières manifestations Pop à New York mais qui n’a  pourtant jamais existé. En empruntant son titre à l’œuvre d’un artiste imaginaire, l’exposition du MAMCO s’annonce  d’emblée comme  une  fiction. Le Pop Art est en effet  né en Angleterre au milieu  des années 1950 et se développe principalement aux États-Unis, sans occurrence significative en Suisse. Les fascinations pour la culture  de masse, la production industrielle, la jeunesse et le glamour — traits  fondamentaux du Pop définis par Richard Hamilton — n’auraient pas franchi  les montagnes helvètes, derrière lesquelles les débats artistiques se polarisent entre abstraction concrète et néo-dadaïsme sous toutes ses formes.

L’historiographie récente révèle pourtant que, si le Pop Art est considéré comme un langage artistique essentiellement anglo-saxon, il fut en réalité dès l’origine « parlé » dans une multitude de dialectes. Il y aurait bien un Pop suisse, avec ses accents folkloriques ou modernistes, et dont la grammaire emprunte au surréalisme, au Nouveau Réalisme, à l’arte povera, à l’art cinétique, à l’abstraction voire au cinéma, à la mode ou à la science-fiction.

À partir de ce constat, Swiss Pop prend appui sur la collection du musée pour privilégier une approche esthétique et conceptuelle. Comme pour les célèbres tests de Rorschach, présentés ici dans un clin d’œil à Andy Warhol et Kelley Walker, l’exposition propose une libre interprétation d’œuvres qui partagent avec le mouvement Pop certaines aspirations et stratégies.

Ainsi, des restes d’un repas aux sacs de détritus, des artistes comme Gilardi, Spoerri, Kuhn, Weber ou Hofkunst usent de techniques sophistiquées pour réhabiliter le vulgaire, transfigurer le banal et annoncer une nouvelle correspondance entre l’art et la vie. Ce sont par ailleurs les médias de masse, la mode, l’automobile ou la publicité qui ressurgissent de manière à peine voilée dans les œuvres de Giger, Oppenheim, Stämpfli, Gertsch, Roth, Raetz ou Lurati. Ce rapport fétichiste à la marchandise se déplace dans les relations qu’entretiennent certains artistes avec les héros du Pop art. En faisant signer par Warhol un monochrome jaune citron, Mosset apporte une touche glamour à la plus mutique des peintures. D’un autre coté, en recouvrant de fourrure bon marché une œuvre iconique comme le Bedroom Ensemble de Claes Oldenburg, Fleury en appelle à une pulsion haptique et au charme de l’artifice.

Mais l’exposition révèle également une part plus sombre, avec une inclination mortifère qui se fait manifeste dans la salle dédiée à La Vittoria de Tinguely. Devant le Duomo de Milan, un gigantesque phallus doré se consume en quelques minutes dans un mélange de feux d’artifice et de fumée. Derrière la jubilation qui accompagne un tel outrage, l’œuvre célèbre également l’auto-destruction dans un excès de vitalité.

L’exposition est organisée par Sophie Costes, Paul Bernard et Julien Fronsacq
sur une proposition de Samuel Gross.






Luigi Lurati, Alfred Hofkunst, Markus Raetz,
Franz Gertsch. Vue de l’exposition Swiss Pop, MAMCO, 2017.

Hans Ruedi Giger, Vern Blosum, Piero Gilardi
(au centre). Vue de l’exposition Swiss Pop, MAMCO, 2017.

Sylvie Fleury, Bedroom ensemble (Hommage à Claes Oldenburg), 1997. Collection MAMCO, Genève.
Vue de l’exposition Swiss Pop, MAMCO, 2017.