Bureau des transmissions
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« Mes Ateliers d’aquarelle dans l’eau sont des sculptures permanentes exécutées avec la participation des enfants », explique Sarkis, artiste né à Istanbul en 1938. Faire une aquarelle dans l’eau, c’est charger son pinceau humide de pigment rouge, vert, jaune, bleu ou ocre et le laisser goutter dans un large récipient blanc, rempli d’eau claire. Une goutte après l’autre vient imprégner le liquide d’une teinte plus ou moins dense, plus ou moins diffuse. Cercles, taches, points obtenus par la pigmentation de l’eau dialoguent au lent rythme de la dilution, se déposant parfois au fond du récipient, restant parfois en suspension à la surface. Sarkis, artiste d’origine arménienne et vivant à Paris depuis quarante ans, met au point en 1997 cette nouvelle technique. « Au début, c’était presque une prise de connaissance, puis de conscience, et un émerveillement ! Quand je plongeais mon pinceau dans l’eau, j’apercevais que la couleur quittait le bout de mon pinceau et commençait à voyager dans l’eau avec une certaine vitesse. Le rouge voyageait plus vite que le jaune, le jaune voyageait plus vite que le bleu et le vert. Les couleurs avaient leurs propres vitesses ! » Sans papier ni toile, l’aquarelle se réalise ainsi dans l’eau elle-même, en trois dimensions. La vitesse de propagation d’une couleur dans un bol d’eau n’est pas homogène et trace dans l’onde un parcours singulier. Son chemin se modifie suivant la présence d’autres pigments avec lesquels elle interfère. Le hasard, l’aléatoire, le temps sont les ingrédients nécessaires pour que l’alchimie opère. Du fait de sa perpétuelle transformation, la technique de l’aquarelle dans l’eau provoque un sentiment filmique qui invite à la contemplation, à la méditation, dans une magie de l’instant. Seule la photographie peut capter un moment, une séquence, et fixer sur la pellicule ce qui existe de manière éphémère. Les Ateliers d’aquarelle dans l’eau existent depuis 2002 et ont déjà été proposés à plusieurs reprises, par exemple en 2004 au Mamco, en 2005 à Villejuif, au Château de Tours et sur les berges de la Loire où, dans le cadre d’un festival, ils étaient mis en lien direct avec le paysage du fleuve. Autour d’une table garnie de bols, de pinceaux et de palettes, des centaines d’enfants et d’adultes répètent cette cuisine artistique depuis près de 10 ans et Sarkis les observe avec enchantement : « C’est magique pour eux, lorsqu’ils voient la couleur quitter le pinceau et voyager dans l’eau. C’est comme un voyage dans l’espace. » Autour de la fluidité des couleurs, la rencontre entre l’art et les gens illustre l’idée de transmission chère à l’artiste, mais aussi celle du temps qui passe, du souvenir et du devenir. (mars 2011)
Karine Tissot
Chaque mois, la Tribune des Arts publie un éclairage sur un travail d’artiste ou une œuvre présentée au Mamco. Le texte du mois en cours est mis à disposition à l’accueil du Musée.
Maurizio Nannucci
Bujar Marika
Gérald Minkoff
Michel Grillet
Amy O'Neill
Yvan Salomone
Didier Rittener, Libre de droits
Christo au Mamco
Marcia Hafif
Franz Erhard Walther, Le Nouvel Alphabet
Trois plaques au sol
Erik Bulatov
Patrick Neu, Dans la suie des images et les iris de la pensée
Roman Opalka, Le temps comme une écriture
Nina Childress, Détail et Destin
« Wiener » de Thomas Bayrle
Beuys Vox par Nam June Paik
Deimantas Narkevicius, Un sur trois
L’univers de Pierre Vadi
Les Grands centièmes d’Alain Humerose
Sylvie Fleury, Rétrospective
Daniel Spoerri, Tableau-piège au carré, 1974
Claude Rutault, « Peinture-suicide n°2 ». Définition/méthode n° 84
Philippe Ramette, Promenade irrationnelle, 2003
Christian Marclay, 75 Playing Cards
Frédéric Moser et Philippe Schwinger, Au-dessus des lois
Marine Hugonnier, The Secretary Of The Invisible, 2007
Gérard Collin-Thiébaut, L’Atelier d’aujourd’hui
Alain Bublex, Plug-In City
Robert Filliou, Un coup de dé jamais n’abolira le hasard.
Hannah Villiger, Des autoportraits sans narcissisme
Peter Kogler, Everynowhere
Franz Erhard Walther, Werklager
Siah Armajani, Le Salon Scheerbart
Xavier Veilhan, La Forêt
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