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Le titre de la première séquence d’expositions organisées par Lionel Bovier, « Récit d’un temps court », fait référence aux modes de découpage d’une période par les historiens et souligne l’usage de la narration au sein du discours du musée. Il s’agissait, en effet, de déployer les collections du musée, qui s’échelonnent des années 1960 à nos jours, dans une organisation chronologique par étages, du 3e au 1er. Par l’entremise de présentations monographiques et polygraphiques, construites autour des œuvres cardinales de la collection et augmentées de prêts extérieurs, le musée restituait l’émergence de mouvements artistiques, de concepts critiques et de nouvelles attitudes dans l’art des dernières décennies. Les visiteurs passaient ainsi de la discussion (matérialisée par un texte mural ou une fiche de lecture gratuite) d’un « art du réel » dans les années 1960 à l’art minimal et conceptuel ; des relations de l’art à l’architecture et de la sculpture à la performance dans les années 1970 ; de l’appropriation au « tournant culturel » des années 1980 ; et de « l’esthétique relationnelle » des années 1990 en Europe à la scène new-yorkaise des années 2000. Outre les expositions d’artistes inédits au MAMCO telles que Charlotte Posenenske, General Idea ou Renée Green, les spectateurs retrouvaient, dans des configurations nouvelles, Guy de Cointet, Xavier Veilhan ou Franz Erhard Walther – une articulation qui marque aussi bien un renouvellement qu’un héritage assumé.

Cette ré-organisation se reflète aussi dans une nouvelle politique de gestion de la collection : plusieurs ensembles importants déposés au musée ont en effet été acquis, au premier titre desquels il faut mentionner l’Appartement, soit la collection de Ghislain Mollet-Viéville. Des artistes ont également souhaité offrir des œuvres qui faisaient défaut au musée, notamment Jim Shaw et John Miller. Des collectionneurs ont aussi contribué à ces enrichissements, en permettant notamment l’acquisition d’une pièce importante de Sherrie Levine ou en offrant des œuvres de Francis Baudevin, Tobias Madison et Emmanuel Rossetti et Wade Guyton, alors que l’AMAMCO a permis l’achat de deux pièces de Seth Price. La plupart de ces nouvelles acquisitions étaient présentées dans cette séquence et l’on pouvait noter l’usage de couleur sur les cartels pour différencier les prêts des œuvres de la collection.

Le 4e étage était dédié à une exposition temporaire revenant sur le dialogue entre les scènes de Suisse romande et de New York pendant les années 1980 et 1990, soit entre le moment où Olivier Mosset parle de « peinture radicale » avec Marcia Hafif, celui où John Armleder s’entretient sur la « géométrie culturelle » avec Peter Halley et les répercussions de ces discussions sur des artistes de plusieurs « générations » successives. Construite à partir de collections locales, publiques et privées, cette manifestation (GVA-JFK) entendait offrir un autre pan de ce récit d’un temps court, celui qui précède l’ouverture du MAMCO et suit ses premières années d’activité, à travers le prisme d’une double géographie.

  • Exposition organisée par Lionel Bovier
LE MAMCO TIENT À REMERCIER SES PARTENAIRES
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